Printemps de voirie dans le X° : le Vert et le Gris

IMG_3321                lIMG_3323 IMG_3320

Le Vert 

Rue du Château Landon, viennent d’être mises en terre  des plantes grimpantes au pied du mur mitoyen de l’école Aqueduc. Franchement pas mal.

Mobilier de fixation et de protection hélicoïdal  en acier galvanisé sobre et assez astucieux. Notamment pour protéger les racines des pipis de chien. Épanchements  meurtriers pour tout ce qui tente de pousser. Donc Bravo !

                                                                             Le Gris

En revanche, pourquoi  s’obstiner  depuis des années  à  recouvrir les pieds  des arbres  d’un mortier sableux et poreux  à l’origine ( le « Stabilisé » )    qui se transforme  très vite en ciment  imperméable ?

Et qui par voie de conséquence contribue à  euthanasier  les arbres qui évoluent  déjà dans une terre biologiquement  appauvrie. (1)

Parce que c’est plus  facile à nettoyer que les plaques en fonte d’antan ? Celles que l’on réinstalle  pourtant avenue Jean Jaurès dans le XIX° ?

Mais au fait  pour nettoyer quoi ? Un arbre minéral ?  Pire :  un chicot d’arbre ? Regardez ces photos de troncs ;   pour la plupart de sujets assez jeunes.

IMG_3330IMG_3329IMG_3327IMG_3328IMG_3325IMG_3326 IMG_3331 IMG_3332

(1) Chargueraud, professeur d’arboriculture de la ville de Paris, insiste sur le problème majeur pour l’arbre urbain, le tassement, conduisant à l’imperméabilité du sol :

« [Il faut] faciliter l’accès de l’air et de l’eau dans le sol, là où les arbres se trouvent plantés sur des trottoirs ou des emplacements recouverts de bitume, dallage, ou de tout autre revêtement interceptant la circulation de l’air et de l’eau. Sur les voies où le sol n’est pas recouvert d’un revêtement, mais où la circulation journalière est très active, on constate bientôt que la surface de la terre se trouve très durcie au point d’être, on peut le dire, presque complètement impénétrable à l’eau et à l’air » (Chargueraud, 1896 : 62).

Une cuvette est alors ménagée et différentes formules sont testées pour la couvrir :

« On a tout d’abord employé des plaques de bois et de tôle notamment ; mais, comme ces plaques interceptaient la pénétration de l’air dans le sol, on s’est généralement arrêté à une grille en fonte, qui est aujourd’hui presque exclusivement employée à Paris » (Lefebvre, 1897 : 80). Les grilles vont donc couvrir la base des arbres car elles combinent deux avantages, permettre le passage des piétons et l’entretien de l’arbre : « […] ces grilles facilitent la circulation en recouvrant les cuvettes nécessaires pour l’arrosage des arbres » (Chargueraud, 1896 : 62).

Tous les arbres n’en sont toutefois pas pourvus, l’entretien s’adapte donc mais vise toujours à maintenir la perméabilité : « on remédie au moins partiellement à ce défaut d’aération en faisant le nettoyage fréquent des cuvettes placées sous les grilles d’arbres, en procédant à des binages et à des manipulations de la terre au pied des arbres non pourvus de grilles, et en s’assurant souvent du fonctionnement des drainages d’irrigation » (Lefebvre, 1897 : 129).

Pour s’adapter au calibre de l’arbre et à la surface de sa cuvette, la grille est constituée de deux à quatre panneaux amovibles.

Un collet est d’abord posé autour du tronc de manière à ménager un espace suffisamment grand pour que la grille ne vienne en contact et ne le blesse mais pas trop afin que l’ouverture ne soit pas « dangereuse pour le piéton » (Lefebvre, 1897 : 80).

Des pavés sont ensuite disposés au fond de la cuvette sur lesquels vont venir reposer les panneaux accrochés entre eux afin d’assurer la stabilité  du système.

Des grilles à pans coupés sont installées lorsque l’arbre est trop près de la chaussée ou d’un obstacle. Lorsque des usages peuvent porter atteinte au pied de l’arbre, des grilles pleines (non-ajourées) sont préconisées :

« Sur certains emplacements où il peut s’écouler des liquides nuisibles à la végétation, où les trottoirs sont soumis à des lavages fréquents, donnant aux racines des arbres une trop grande humidité, et où les cuvettes peuvent se remplir d’immondices de toutes sortes, notamment aux abords des halles et marchés, on se sert avantageusement de plaques pleines » (Lefebvre, 1897 : 82-83).

Lorsque l’arbre est âgé et que ses racines diffusent loin dans le sol, creuser une tranchée entre deux arbres permettrait de mieux les approvisionner en eau. Il faudrait pouvoir aussi recouvrir ces espaces de grilles en fonte qui « offriraient malheureusement des surfaces glissantes pour les piétons » (Lefebvre, 1897 : 108).

in « Pieds d’arbre, trottoirs et piétons : vers une combinaison durable ?  » de Patricia Pelligrini

Voir aussi cette étude de l’Apur et cette synthèse de nos amis wallons.