Une solution enfin équilibrée pour la salle de shoot

salle de La solution la plus raisonnable, celle qui répond aux besoins des toxicomanes précarisés et qui préserve au mieux le quotidien des riverains, est donc enfin actée. 

C’est une structure internalisée dans l’enceinte de l’Hôpital Lariboisière.   On  disait cette solution –  pourtant régulièrement évoquée – rigoureusement impossible jusqu’à très récemment.  Il n’y aurait eu, affirmait-on  d’autorité, « aucun espace disponible « à l’hôpital Lariboisière dont on annonçait pourtant dans le même temps la cession de terrains .

On comprend donc aujourd’hui qu’il fallait insister et il faut saluer ici le travail de Bernard Jomier, médecin et adjoint à la santé ( EELV)  à la Mairie de Paris.

Si  cette démarche avait été poussée à bout  dés l’origine et non très vite abandonnée du fait des fins de non recevoir techniques  de l’APHP, l’arrondissement  se serait peut-être  épargné une longue  guerre de religions ( Pro-Anti )   avec des procès en égoïsmes bien prestement instruits par ceux qui n’étaient pas concernés au première chef dans leur quotidien.

Guerre d’autant plus dommageable qu’elle conduisait à amalgamer deux types d’opposants : ceux qui refusent tout dispositif à destination des toxicos au prétexte qu’il n’y aurait  que l’abstinence comme solution et ceux qui estiment que l’aide à l’injection propre est une nécessité dans les quartiers des deux gares mais qu’elle  ne doit pas pénaliser outre mesure  une population de riverains situés aux marges du XVIII° et du X°.  Là où les politiques d’aménagement sont les moins ambitieuses.

C’est si vrai que c’est du tissu associatif  ( Action Barbés) et non des Mairies d’arrondissement qu’est surgie l’idée d’un plan de revalorisation du boulevard de la Chapelle au long du Métro aérien.

Souvenons nous enfin  que la proposition retenue  sur la salle de shoot reprend celle de l’Association « Vivre Gares du Nord et Est; » qui avait recueilli  un millier de signatures en 2013.

A ceux qui relançaient  cette idée, le  Maire du X° rétorquait  voilà peu en conseil de quartier Louis Blanc-Aqueduc « qu’il n’y avait d’autre alternative en vue que celle du 39 boulevard de la Chapelle ».

Et bien si, il y avait une voie. Et c’est tant mieux.

A  « Tous Les X° » , nous pensions qu’une relance du débat s’imposait du fait même de la double peine  ( Squat des 300 migrants de la corne de l’Afrique  boulevard de la Chapelle + Salle de shoot ) subie par les familles impactées   et nous y appelions le 19 avril 2015.

La solution équilibrée s’est finalement imposée. Voilà au moins une bonne  semaine  déjà car l’information  circulait parmi les riverains mais n’était pas encore diffusée auprès des élus de  la Mairie du X° et à la Mairie centrale

Reste un gros doute. Cette affaire si mal emmanchée va-t-elle déboucher sur l’ouverture concrète de cette fameuse salle l’année  prochaine  ? Entre la question du camp des migrants qui devient chaque jour plus inextricable,   les arbitrages finaux sur les locaux  qui sont encore flous et enfin les travaux, les sujets à bras de fer restent nombreux.

Espérons une conclusion rapide car  rester les bras ballants devant les milliers de toxicos des deux Gares  qui errent et n’ont d’autres choix que de pratiquer une injection  dans les toilettes Decaux ou  les entrées d’immeuble, la montée des tensions et des intolérances est prévisible.

Guillaume Malaurie

—————————————————– L’article du Monde du 25 mai 2015

La future « salle de shoot » parisienne à Lariboisière
 

Les associations de riverains du 39, boulevard de La Chapelle, dans le 10e arrondissement de Paris, auront finalement eu gain de cause. La future salle de consommation à moindre risque (SCMR), plus connue sous le nom de « salle de shoot », ne sera pas implantée à cette adresse, mais quelques centaines de mètres plus loin, sur le terrain de l’hôpital Lariboisière. « C’est un dispositif santé, on l’adosse à l’hôpital », annonce au Monde Bernard Jomier, l’adjoint au maire de Paris chargé de la santé, soucieux de « banaliser le dispositif » afin d’en « élargir l’adhésion politique ».

« Plus les liens sont forts avec l’hôpital, plus on rassure »

A Lariboisière, l’emplacement exact n’est pas encore arrêté. Deux lieux, l’un en « dur », l’autre en Algeco, sont envisagés pour accueillir les 200 m2 de la salle. « On ne fera pas entrer les usagers par la grande porte de l’hôpital, ce sera un accès plus discret », assure d’ores et déjà Bernard Jomier. « Ce sera une entrée séparée qui mènera à une enclave au sein de l’hôpital », abonde Rémi Féraud, le maire PS du 10e arrondissement, pour qui « plus les liens sont forts avec l’hôpital, plus on rassure ». « Le site du 39 a montré des défauts, notamment son enclavement et ses difficultés d’accès », ajoute-t-il, jugeant par ailleurs que l’actuelle présence d’un campement de migrants à proximité crée un « environnement urbain trop dégradé pour pouvoir envisager l’ouverture de la salle ». A l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), on confirme « travailler avec la ville pour pouvoir accueillir ce centre » et on explique que « les discussions portent sur l’emplacement le plus adapté ». Cette décision marque un rapprochement de la capitale avec les choix de Bordeaux et Strasbourg, les deux autres villes pressenties pour expérimenter cette structure qui doit permettre de réduire les risques d’infection, de contamination (VIH, hépatite C) et d’overdose des toxicomanes les plus précaires. Les deux villes ont fait connaître leur volonté d’associer leur future salle d’injection à une structure hospitalière.

Expérimentation pendant six ans

A l’intérieur de ces espaces, les toxicomanes ne pourront pas être poursuivis pour « usage illicite et détention illicite de stupéfiants » lorsque la quantité de drogue détenue sera limitée au « seul usage personnel ». Le personnel médical et paramédical qui supervisera le fonctionnement de ces structures bénéficiera également d’une immunité. L’association Gaïa Paris, structure de prévention et de soins en toxicomanie chargée du projet, a régulièrement mis en avant les réticences des usagers à fréquenter les structures hospitalières. « Cela pourrait avoir du sens d’être proche de l’hôpital, mais en étant complètement indépendant », avait déclaré à L’Obs au mois d’avril Céline de Beaulieu, la coordinatrice de l’association. La solution retenue devrait donc lui convenir. Reste la question de la date d’ouverture de la salle. Le projet de loi santé autorisant l’expérimentation de ces salles d’injection pendant six ans a été voté à l’Assemblée nationale en avril mais ne sera débattu au Sénat qu’en septembre et en octobre. Un calendrier qui complique la mise en route de la salle avant début 2016.

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