La Salle de shoot à Bordeaux sera dans l’hôpital : pas de séparation entre sanitaire et social ( Par Rue89)

salle de shootLa Ville de Bordeaux est sur les rangs pour expérimenter une « salle de shoot », permettant de réduire les risques liés à la consommation de drogues. Les deux opérateurs pressentis doivent attendre l’entrée en vigueur de la loi Santé, qui arrive bientôt au Parlement.

A l’occasion du renouvellement d’une convention pour la maintenance de deux appareils échangeurs récupérateurs de seringues, le conseil municipal de Bordeaux a confirmé sa volonté d’expérimenter une salle de consommation de drogues à moindre risque, plus couramment appelée « salle de shoot ».

Alain Juppé a été successivement interpellé sur ce sujet par l’élue Front national Catherine Bouilhet, qui dénonce ce projet, et par Michèle Delaunay, l’ex ministre socialiste saluant au contraire le fait que le maire de Bordeaux fut un des premiers en France à accepter qu’un tel dispositif soit testé dans sa ville.

« Nous attendons toujours que l’État et les services compétents prennent contact avec nous » pour définir les contours de cette expérimentation, leur a répondu Alexandra Siarri, adjointe en charge de la cohésion sociale et territoriale.

Si le principe de ces salles figure dans le projet de loi Santé, prochainement examiné au Parlement, les détails du projet restent en effet encore à préciser. On sait simplement que ce dispositif sera déployé dans les villes volontaires (dont Paris, Marseille et Bordeaux) et pour une expérimentation de 6 ans.

Une centaine de « salles de shoot » existent dans le monde, principalement en Europe (Suisse, Allemagne, Espagne…), au Canada et en Australie, avec des effets très positifs. Les toxicomanes y sont supervisés dans leur prise de drogue par des professionnels, ce qui permet, en assurant de bonnes conditions d’hygiène, d’éviter les risques infectieux (VIH, hépatites), les comportements à risques et les overdoses mortelles.

Deux projets à Bordeaux

A Bordeaux, deux opérateurs se sont positionnés pour cette expérimentation : La Case, association fondée par Médecins du Monde pour la prise en charge de personnes présentant des problèmes d’addiction, et dont les locaux sont situés rue Saint-James ; le  Comité d’étude et d’information sur la drogue (Ceid), propose de son côté un dispositif ambulant, une camionnette  qui irait à la rencontre des toxicomanes, dans les squats éloignés du centre-ville.

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