Vis à vis au Passage du Désir Par Gail Albert Halaban ( M le Magazine du Monde)

4524805_6_1b42_passage-du-desir-paris-10e_69414202311169ed2a0bdc61e6bda075Passage du Désir, Paris 10e. Gail Albert Halaban pour M Le magazine du Monde

M le magazine du Monde | 27.05.2015 à 15h40
Une femme qui enfile un corsage, un couple qui se dispute…  En 2012, Gail Albert Halaban avait observé, tout spécialement pour “M Le magazine du Monde”, la vie intime des Parisiens, d’une fenêtre à l’autre. De ce travail, la photographe américaine a tiré une série, “Vis-à-vis”, aujourd’hui exposée à la Houk Gallery, à New York.
Par Cathy Rémy

Edward Hopper écrivait, au début des années 1960 : « J’aimerais voir l’intérieur et l’extérieur en même temps ». Plus qu’une déclaration d’intention, cet aveu qui résume toute l’ambition de son œuvre trouve un écho singulier dans les images de la photographe new-yorkaise Gail Albert Halaban. Fascinée depuis toujours par l’univers du peintre américain, elle réalise pour M Le magazine du Monde une série d’images intimes et voyeuristes de Parisiens dans leur intérieur.

S’il y a quelque chose de délibérément voyeuriste dans sa démarche, elle y voit avant tout le désir d’entrer en contact avec ses sujets. Elle se souvient des nuits d’insomnie quand, jeune maman fraîchement arrivée à New York, elle se plantait devant ses fenêtres, son bébé dans les bras, cherchant dans les rectangles illuminés suspendus dans la nuit un réconfort, un écho à sa solitude, une communion. « Dans mes images, mes sujets sont toujours conscients que je les photographie. Ils acceptent ce glissement du privé vers le public et coopèrent avec moi pour créer cette image voyeuriste. Comparés aux New-Yorkais, les Parisiens sont plus pudiques. Certains trouvaient mon projet immoral ou même criminel. A New York, les gens considèrent que le monde est une scène et que nous sommes tous des acteurs. »