Commnent Airbnb syphonne les logements du X°, du XI° et du XVIII° ( Mediapart)

airbnb_450 Dans l’ enquête (Comment Airbnb squatte la France)  publiée et  signée par Michaël Hajdenberg sur  Mediapart (1) à partir d’une remarquable  recherche universitaire (2)il apparait que, s’agissant de Paris,  le X° fait partie des trois  premiers arrondissements en nombre de location via Airbnb.

Dépassé d’un cheveu par le XI° arrondissement et le XVIII° qui caracole en tête .

Avec plus de  3000 locations de logements  Airbnb ( chambre+ appartements )  par arrondissement, arrivent donc largement en tête le XVIII° (4883)  le XI° (3994 ) et le X° (3193).

Viennent  ensuite le   IX° (2206), le VI° (1485), le V° (1443), le VII° (1227), , le II° (1221), le VIII° ( 1022).

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Sauf erreur, n’apparaissent pas  dans le tableau le XV°, le XX° ou le XII°.

Quoiqu’il en soit, les chiffres semblent  très substantiels.

Économie du partage ? De prédation  spéculative ?

La première  coexiste  manifestement, mais à quel niveau ? , avec la seconde  et pourrait bien lui servir d’alibi.

Et les conséquences sur le rétrécissement du parc locatif classique  et le niveau des loyers sont  aisément imaginables.

Mediapart relève que « la population a baissé au cours des dernières années dans le 4e et le 6e arrondissements, où les locations de ce type explosent. En tout, selon la mairie, quelque 20 000 appartements seraient aujourd’hui loués à Paris de cette façon (via plusieurs dizaines de sites internet du genre). Airbnb minimise, communique sur le fait que plus de 90 % des utilisateurs du site ne proposent qu’un seul logement à la location. C’est vrai. Mais c’est une présentation avantageuse. Selon les auteurs de notre étude, à Paris, 19 % des appartements mis en location le sont par des personnes multipropriétaires dans la zone. »

Étrangement Jean-François Martins, l’adjoint au tourisme, interrogé par Médiapart,  ne s’alarme pas vraiment. Prévaut même l’impression que cette capacité d’accueil supplémentaire arrange les  affaires de l’adjoint  puisque les capacités hôtelières de Paris sont, insiste-t-il,  souvent insuffisantes et  à des prix de nuitées très élevés.

De toute manière,   les enquêtes diligentées par  une administration ad hoc riquiqui à la  Mairie de Paris ne parviennent à déceler qu’un minuscule nombre de fraudes : 15 condamnations en 2014.

Martins en  appelle donc à une collaboration de .Rbnb qui pourrait éventuellement  remplir ou faire remplir « une déclaration préremplie adressée par l’administration fiscale. »

«On  ne peut pas demander à Airbnb de faire la police,  rassure  Martins. Elle doit informer ses utilisateurs des règles en vigueur. Et ensuite, c’est à nous de nous organiser ».

La vérité, c’est que la Mairie de Paris semble, selon l’article de Mediapart, un peu dans les choux car elle n’a sous le coude   qu’une étude ancienne de l’Apur ( 2011)  décrivant  une ampleur contenue du phénomène Rbnb  alors que « 94 % des quelques 45 000 utilisateurs parisiens actuels de Airbnb se sont inscrits après 2011.

« Les sites font tout pour qu’on ne retrouve pas l’appartement,  notent les chercheurs.  Contrairement à ce que laissent penser les données apparentes, l’appartement ne se situe pas au numéro 22 de la rue indiquée mais au numéro 20. Et il y a de moins en moins d’informations. On ne sait pas l’étage, ni rien de précis. »  

Les  locations Rbnb du Top 100 des rues  publiée par Mediapart  : Capture d’écran 2015-07-31 à 10.45.20Capture d’écran 2015-07-31 à 11.35.17 Capture d’écran 2015-07-31 à 10.45.57 (1) Le 31 Juillet

(2) le géographe Sébastien Jacquot, l’anthropologue Saskia Cousin et le chercheur en informatique Gaël Chareyron.