Rue de Marseille : Welcome in Fripe Street (Le Figaro)

Marseille 08348Dissimulée derrière la place de la République, cette artère discrète du Xe arrondissement devient l’épicentre du «slowshopping».

Le canal s’embourgeoise. Si les abords du canal Saint-Martin sont devenus impraticables avec ses terrasses débordantes de suiveurs et son immobilier en pleine flambée, les rues adjacentes, elles, prennent du galon. Agnès b. qui, la première, s’est installée rue Dieu, avait senti le vent de la bourgeoisie bohème tourner. Puis, il y eut la rue Beaurepaire, lancée par le café Prune (rade déglingué devenu QG incontournable), son pêle-mêle de pseudo-galeries d’art et de boutiques confidentielles. Aujourd’hui, c’est la rue de Marseille qui perce, dans le sillage de la rue Yves-Toudic, où la rénovation de la salle de concerts l’Alhambra a redynamisé cette arrière-cour de la place de la République.
 

La sélection d’enseignes. «Lorsqu’un Monop’ ouvre dans la rue, c’est un signe de changement», note Paul Szczerba, jeune HEC de 26 ans, qui vient d’installer en face son magasin Balibaris(au n° 14). La griffe, destinée aux hommes et ayant fait ses preuves sur le site de vente en ligne, propose une garde-robe sobre et de bonne qualité à prix abordables, dans un univers complet de films, livres et objets rétro. Au n° 8, Freeman T. Porter, spécialiste du jeans, a choisi un décor industriel sombre pour présenter l’ensemble de ses collections mixtes. À l’inverse du Centre commercial(au n° 2), vaste boutique toute blanche créée par les fondateurs de la marque écolo-équitable de baskets Veja. Bicyclettes, mobilier, magazines, vêtements et accessoires sont éparpillés sous la verrière. On invite ici les clients à pratiquer le «slowshopping»: prendre son temps pour dépenser intelligemment son argent, en évitant la frénésie consumériste de Saint-Germain-des-Prés ou les achats compulsifs.

Dans l’esprit de Soho. À la terrasse du Mems (au n° 1), café moderne ouvert 7 jours sur 7 midi et soir, on croise tous lesarty prenant l’apéro et brunchant en famille le dimanche. Les enseignes connues (A.P.C, Agnès b., Maje, Claudie Pierlot) l’ont bien compris: il se trame une nouvelle histoire de quartier derrière les façades gris mat, rappelant le style postindustriel des boutiques de Soho à New York. Au regret d’Alain Poireau de Coin Canal, marchand de mobilier scandinave des années 1950-1960, installé depuis dix ans au n° 1, qui déplore que la rue de Marseille devienne essentiellement celle de la «fringue».

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