L’assassin présumé des trois militantes kurdes de la rue La Fayette renvoyé aux Assises ( Le Monde)

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A l’issue d’une enquête mettant en cause les services secrets turcs, Omer Güney, l’assassin présumé de trois militantes kurdes en 2013 rue La Fayette  à Paris, a été renvoyé jeudi 13 août devant les assises de Paris. Ce Turc de 33 ans, ancien agent d’entretien à l’aéroport de Roissy, sera jugé pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste », a appris l’AFP de source judiciaire. La date du procès n’est pas encore fixée.

Le 9 janvier 2013, en plein jour, trois activistes kurdes avaient été froidement abattues de plusieurs balles dans la tête dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK), dans le 10e arrondissement de Paris : Sakine Cansiz, 54 ans, une des fondatrices du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) réputée très proche de son chef historique, Abdullah Ocalan, Fidan Dogan, 28 ans, surnommée « la diplomate » en raison de ses liens étroits avec la classe politique européenne, et Leyla Saylemez, 24 ans, « la guerrière », chargée de former des femmes à la guérilla.

Durant l’instruction, Omer Güney a nié les faits malgré de nombreux éléments à charge : des caméras de vidéosurveillance l’ont filmé entrant dans l’immeuble du CIK peu avant les crimes, l’ADN d’une des victimes a été retrouvé sur sa parka, et sa sacoche contenait des traces de poudre.

L’enquête souligne en outre « l’implication » des services secrets turcs, le MIT, « dans l’instigation et la préparation des assassinats », selon des informations que s’était procurées Le Monde. Mais elle n’a pas réussi à établir s’ils en étaient les commanditaires. Les agents ont-ils agi « avec l’aval de leur hiérarchie » ou « à l’insu de leur service afin de le discréditer ou de nuire au processus de paix », engagé à l’époque entre Ankara et le PKK, s’interroge une source citée par l’AFP.

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« Rien ne prouve que l’ordre soit venu du sommet de l’Etat. Le MIT est une organisation complexe et nombre de ses membres sont incontrôlables », souligne de son côté une autre source proche de l’enquête.

Omer Güney s’était rapproché à la fin de 2011 d’associations kurdes en région parisienne. Décrit par ses proches comme un Turc ultranationaliste, il avait infiltré cette mouvance « dans un but de surveillance et d’espionnage », avec pour mission « d’éliminer des cadres du PKK », d’après la source proche du dossier. L’accusé, un temps chauffeur bénévole de Sakine Cansiz, a effectué de nombreux voyages secrets en Turquie, correspondait avec de mystérieux interlocuteurs turcs, et son téléphone portable contenait des centaines de clichés de sympathisants de la cause kurde. Un enregistrement sonore d’une conversation entre un homme présenté comme Omer Güney et deux agents du MIT a aussi été saisi par la justice.

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