Compte rendu du CQ St Vincent de Paul-Lariboisière (9 juin 2015) – avec notamment la « salle de shoot »

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Compte-rendu du

Conseil du Quartier

Lariboisière / Saint-Vincent de Paul

mardi 9 juin 2015 de 19 h à 21 h

à l’école élémentaire du 3 rue de Belzunce

Toxicomanies : Qu’en est-il de la salle de consommation à moindre risque ?

 

Cette réunion publique accueillera, notamment :

• Frédéric Ségura, Commissaire de Police et Adjoint du Commissaire Central du 10e

• Marie Jauffret-Roustide, sociologue et chercheuse associée à l’INSERM

• Elisabeth Avril de l’association GAIA

Compte rendu :

• Accueil et présentation des conseils de quartiers (lieu de discussion et d’échange)

• 70 personnes étaient présentes en début de réunion, 90 à 20h

• Brèves présentées par l’équipe du Conseil de Quartier :

• Depuis le 17/nov, mise en place d’un comité de coordination de la démocratie locale (travail sur la refonte de la charte des conseils de quartier : clarifier, améliorer la gestion du budget, améliorer la communication et son fonctionnement interne)

• Le forum des associations aura lieu le 20/sept (dix sur dix), au jardin Villemin & cloitre des Récollets ainsi que sur les deux berges du canal

• Le 10/juin, une commission se tiendra en Mairie pour les votes des budgets participatifs ; cette commission s’est déjà tenue pour le 18e, trois propositions retenues concernent le 10e : 1/aération du marché Barbés, 2/aménagement du carrefour Maubeuge/La Chapelle-Tombouctou, 3/ mise en valeur du viaduc aérien

• Qu’en est-il de la salle de consommation à moindre risque ?

• Oct 2010, le conseil de Paris se prononce en faveur d’une expérimentation dans la capitale

• Fev 2013, le Gouvernement accepte cette expérimentation

• Avril 2015, l’Assemblée Nationale émet un vote positif

• Marie Jauffret-Roustide :

• L’INSERM est un institut indépendant

• Une centaine de salles de consommation dans le monde (Europe, Canada et Australie) conditions d’implantation particulièrement longues en France

• Logique de santé publique pour améliorer la santé des usagers de drogues

• Logique sociale : capter des populations éloignées des structures et les réintégrer dans un parcours de soin et d’insertion sociale

• Logique de sécurité publique : sécuriser et contrôler l’espace public : 1/3 des usagers s’injectent dans l’espace public

• Une situation épidémiologique des usagers de drogues préoccupante en France (augmentation des pratiques à risque, précarisation importante)

• Evaluation des SCMR à l’étranger : baisse des pratiques à risque et des overdoses (ex de Vancouver), diminution des actes délictueux dans le périmètre de la salle (positif pour les riverains)

• Comment l’expérimentation des SCMR va être évaluée en France : 2 recherches vont être mises en place (cohorte d’usagers de drogue pour suivi des usagers – recherche sociologique sur l’évolution des nuisances dans le quartier de la SCMR)

• MJR va assurer la 2e recherche, elle propose à ceux qui souhaiteraient participer aux entretiens de se manifester – ses coordonnées : m.jauffret@invs.sante.fr

• Echanges avec la salle :

Questions

• Etonnement que la question de la SCMR ne se pose qu’à l’échelle de cette salle, bien qu’il s’agisse d’une problématique plus globale au quartier

• Quelles sont les raisons qui ont justifiées les fermetures d’autres SCMR (NZ, Autriche…)

• Concertation : malgré plusieurs sollicitations à MJR, il regrette de ne pas avoir été considéré

• L’argument de la contamination au VIH « tombe » car seul 1% de la contamination au VIH vient d’injection

• Les avantages de la SCMR ont été présentés, mais quels sont les désavantages d’une telle implantation ?

• Dans les études réalisées, quel sont les impacts pour les quartiers (immobilier…)

• Est-ce que situer une SCMR au plus proche des trafics de drogue est justifié ? car cela cumule les nuisances

• Y aura-t-il une période d’évaluation, comme cela avait été évoqué en mairie ?

• La plupart des gens ont peur car ils manquent d’information, est-il possible d’améliorer cette information (plus proche de l’hôpital, plutôt qu’en mairie)

• Est-ce que l’association GAIA continuera de distribuer des seringues dans la rue, après mise en place de la SCMR ?

Réponses

• GAIA : explication des missions & réalisations de l’association (accompagnement des toxicomanes, http://gaia-paris.fr/). Constat : il y a toujours eu des rassemblements dans Paris, souhait de mettre en oeuvre des solutions expérimentées à l’étranger

• GAIA : Taux de contamination VIH : effectivement ce taux a baissé, la distribution de seringues est considérée comme un facteur ayant permis de réduire ces infections

• GAIA : si un local SCMR ouvre, les distributeurs resteront implantés (car fonctionnant 24h/24)

• MJR : très peu de salles ont fermé, les raisons étaient budgétaires ou par manque de fréquentation (mal implantées)

• MJR : sur l’hépatite C, 80% des infections sont liées à l’usage de drogue

• MJR : au sujet de la personne non contactée, il y aurait eu un problème de numéro de téléphone – contact à reprendre

• MJR : une salle de consommation implantée dans un mauvais endroit pourrait avoir un effet négatif

Questions

• Environ 3000 personnes consommateurs fréquenteraient le quartier sur l’année, est-ce qu’au final il y aura une fréquentation effective de la SCMR ?

• Qu’en sera-t-il des horaires d’ouverture de la salle, car les nuisances sont 24h /24

• Remarque : la présentation faite a été partiale et parcellaire à propos de la nuisance aux riverains (non chiffré, sans référence)

• Quelles sont les modalités d’accès à cette salle, car les toxicomanes pourraient craindre de s’y rendre

• Les autres salles SCMR en France ne verraient pas le jour, car leurs maires y sont opposés (notamment Bordeaux)

Réponses

• Frédéric Ségura : depuis 1an1/2, une brigade de terrain a été mise en place pour anticiper cette arrivée, avec de très bons résultats – l’environnement de la salle sera suivi de près pour éviter les augmentations de trafic

• Q : vous parlez comme si les « choses » étaient entérinées, or ce n’est tirs pas confirmé – pourquoi seuls les élus du 10e veulent-ils de cette salle ?

• R (élu 10e, S.Bribard) : il y a dans ce quartier une problématique trafic & consommation de drogue, les pouvoirs publics ont essayé différents dispositifs depuis plusieurs années avec des résultats positifs, les expérimentations de SCMR à l’étranger sont positives (pour les usagers de drogue et les riverains) il n’y a pas de raison que ça ne marche pas en France.

La raison pour laquelle cette salle est implantée dans le 10e et pas dans le 16e est que le problème de drogue le plus prégnant se trouve dans le 10e (les 3 premiers distributeurs de seringues les plus utilisés de Paris sur 34 sont dans le quartier)

• R (élu 10e, S.Bribard) : il y aura une cellule de suivi et d’évaluation qui sera mise en place entre la mairie et les associations

• R (élu 10e, S.Bribard) : la lecture au Sénat se fera à l’automne, la mise en place de la SCMR pourra donc être effective fin 2015

• R (élu 10e, S.Bribard) : la position de l’APHP a évolué pour la mise à disposition d’un lieu, il est désormais envisagé une implantation dans l’enceinte de Lariboisière, mais uniquement accessible par l’extérieur

Questions

• Pour les opposants à cette salle, est-ce que quelqu’un aurait une meilleure idée, qui ne serait pas de repousser le problème vers d’autres lieux ?

• Merci pour les interventions très claires, en bas de chez moi beaucoup de gens se droguent donc localiser cette consommation me semble une bonne idée ; de toute façon nos enfants sont déjà confrontés à ces individus dans la rue aujourd’hui, la situation ne peut que s’améliorer

• Est-il possible de préciser la localisation (entrée) de cette salle et son fonctionnement (intervenant positif vis-à-vis de ce projet de société)

• Les drogués auxquels j’ai parlé n’iront pas dans cette salle

• Les dealers n’ont pas été évoqués ce soir, est-ce que la police pourrait assécher ce quartier ?

• R (GAIA) : au sujet des horaires, une enquête sur les pratiques de consommation a été réalisée, l’option 2013 était d’ouvrir 8h/jour, aux heures de plus forte influence (entre 12h-20h ou 13h-21h)

• R (GAIA) : dans l’antenne mobile, aujourd’hui 150 personnes passent chaque jour (estimation pour la SCMR, 200p/jour sur une population de 3000 personnes)

• R (SB) : étude en cours des propositions de l’APHP, 2 lieux possibles, un critère essentiel et l’indépendance d’accès ; à ce jour il n’est pas possible de donner plus de détails

• R (FS) : depuis 1 an, avec le Parquet il y a un groupe du traitement de la délinquance- le GLTD (ce n’est pas une équipe d’intervention). En 1 an, 1700 interpellations par la BST, il n’y a pas une surreprésentation des toxicomanes parmi les actes de délinquance

• R (FS) : la BST a été créée pour lutter contre l’effet de report généré par la prise en étau de notre secteur par 3 Zones de Sécurité Prioritaires

• R (GAIA) : en tant que médecin, mon travail est basé sur des publications médicales. On sait qu’il faut être proche des lieux de consommation pour traiter ces problèmes de santé publique, sinon les salles ne sont pas utilisées.

• R (GAIA) : numéro fourni aux riverains pour informations plus précises = 07.62.4993.45

• MJR a proposé aux habitants qui le souhaitent de participer à un entretien dans le cadre de son étude à l’Inserm

21h, fin du conseil de quartier – rdv à l’automne pour le prochain conseil