L’inflation des loyers continue ( Le Monde)

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Rebecca a emménagé dans son appartement du 10e arrondissement le 1er août : un 2-pièces équipé de façon sommaire, près du métro Louis-Blanc. Hasard du calendrier, c’est aussi ce jour-là qu’entrait en vigueur l’encadrement des loyers. Ce qu’elle ignorait totalement. Or, selon l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL), son loyer excède d’environ 150 euros par mois le montant maximum autorisé par la loi.

Elle n’a pas osé en parlé à son propriétaire. « C’est délicat. Si quelque chose est en panne, je veux qu’il fasse les réparations, explique-t-elle. Je ne veux pas mettre en péril ma relation avec lui. »

Lorsqu’elle a finalement évoqué le sujet avec son propriétaire, celui-ci, indigné, lui a demandé de quitter l’appartement si elle ne voulait plus payer le prix convenu. Ce qui est parfaitement illégal. Rebecca devra donc s’en remettre à la Commission de conciliation des rapports locatifs qui tranchera le litige.

Selon une étude du site Meilleursagents.com réalisé sur près de 28 000 annonces parisiennes du 1er janvier au 31 juillet, c’est-à-dire avant la mise en œuvre de l’encadrement, 46 % des offres de location dépassaient le loyer de référence majoré de 20 % comme le prévoit la loi. Meilleursagents.com a de nouveau passer au crible sa base de données entre le 1er et le 30 août, le chiffre est tombé à 29 %.

La loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové (ALUR), qui a pour l’objectif de « réguler les dysfonctionnements du marché », exige que les prix au mètre carré soient fixés dans les limites d’une fourchette autour d’un loyer de référence. L’Observatoire de loyers de l’agglomération parisienne fixe un loyer de référence selon le quartier et des caractéristiques du bien, et les propriétaires n’ont plus le droit d’afficher un loyer qui dépasse cette référence de plus de 20 %.

Il suffit pourtant d’une simple recherche pour trouver encore quelques écarts : sur le site d’annonces PAP, une studette de 12 m2 à Bastille est annoncée à 785 euros par mois. Rue de Mouzaïa, dans le 19e, un appartement de 15 m2 est proposé à 830 euros sur Leboncoin.fr. Des prix qui dépassent de loin le maximum autorisé par le nouvel encadrement. Mais la valeur contraignante de la loi est limitée : si un locataire potentiel conteste un loyer, il risque de se confronter au refus du propriétaire, qui peut le proposer au même prix à un candidat lui-même prêt à payer le prix élevé
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