Téléphone au Point Ephémère : « Ça a commencé avec Crache ton venin… » (Le Monde)

telephone« Vous n’auriez pas une place ? » La même question revient inlassablement sur les lèvres des badauds amassés aux alentours du Point éphémère, vendredi 11 septembre à Paris. Il est 19 heures, et déjà la file d’attente s’allonge devant la salle de concerts, quai de Valmy, le long du canal Saint-Martin. Les fans de tous âges attendent patiemment de voir leurs idoles. Soit les guitaristes et chanteurs Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac et le batteur Richard Kolinka, trois des quatre membres du groupe Téléphone, réunis ce soir sous le nom Les Insus. Un « concert-surprise» annoncé dans la presse dès le 3 septembre.

« La première fois que je les ai vus, c’était en 1984. J’avais 15 ans, c’était mon premier concert de rock. Après ça j’ai été sourd pendant deux jours, je ne l’ai jamais dit à mes parents » raconte Pierre, 47 ans. Pour lui comme pour ses amis, pas question de confondre Téléphone et le groupe nouvellement formé Les Insus, dont le quatrième musicien, en l’absence de la bassiste Corine Marienneau, en froid avec les autres membres de la formation, est pour l’heure inconnu. « Les Insus ? C’est pas Téléphone, c’est juste trois mecs qui se retrouvent pour faire de la musique et s’éclater. »

 

Un peu plus loin dans la file, Fanny Lochu, 36 ans, est venue accompagnée de ses parents, qui lui ont fait découvrir Téléphone. Elle fait partie du collectif musical Even If, qui compte dans ses rangs Richard Kolinka. Ce dernier avait posté un message sur sa page Facebook le 27 août : « Il y a un concert de rock, le 11 septembre au Point éphémère, à ne pas rater… ». Mais elle assure qu’il n’avait pas indiqué de quoi il s’agissait aux autres membres du collectif. « Rien n’a filtré. Ceux qui sont là ce soir, ce sont seulement les fans qui ont acheté leurs billets sur Internet. » Son père, Jean, a découvert Téléphone « dans les Walkmans des ados en colonie de vacances ». Pour lui, c’est une grande première : « Je ne vendrais pas ma place, même pour 1 000 euros » assure-t-il.

A 20 h 30, la foule s’agite, chacun veut récupérer le bracelet qui permet l’accès à la salle. Les curieux sans billets continuent de rester autour de l’entrée. Parmi eux se tient Hazim. Un retour durable de Téléphone, il en doute : « en soi c’est du recyclage, y a rien de nouveau là-dedans. Bien sûr que ça me plairait, mais je n’y crois pas. » L’étudiant de 23 ans n’est pas le seul à partager cette opinion. Une nouvelle prestation des Insus prévu à Lille mardi 15 septembre affiche déjà complet. Mais pour la suite, mystère.

 

A la sortie du concert, à presque 23 heures, le même sourire béat s’affiche sur tous les visages. « Ils ne se sont pas arrêtés une minute, on a eu droit à un show d’une heure et demi non stop. Ça a commencé avec Crache ton venin et ça ne s’est plus arrêté » s’exclame Thomas. Sa compagne Jeanne partage le même avis : « On a ressenti une grande complicité entre eux, c’était vraiment un grand moment. » /…/

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