3 Octobre : Nuit Blanche sur le Nord Est (Télérama)

nuit blanchePremière nouveauté 2015, le climat comme thématique centrale. Cette année, Nuit Blanche fera un premier écho artistique à la Conférence mondiale sur le Climat, (COP21) qui se tiendra à Paris à la fin de l’année.

 

Cette 14e édition aura à cœur de s’inscrire dans des territoires de conquête artistique, sociale, économique. Elle se découvrira au fil de deux parcours, situés sur la rive droite, au nord de Paris, dans des quartiers en mutation préfigurant le futur Grand Paris.

  • Le premier ira de la gare du Nord (10e) jusqu’à Aubervilliers, en passant par la gare Rosa Parks et les entrepôts MacDonald (19e). 
  • Le second passera notamment par le parc Monceau (8e), l’éco-quartier de Clichy-Batignolles (17e) et la Petite Ceinture du 18e arrondissement pour poursuivre son chemin artistique au-delà du périphérique » détaille Bruno Julliard.

Pour cette 14e édition, la Nuit Blanche se passera dans le nord de Paris, du XVIIe arrondissement à Aubervilliers, dans un double parcours imaginé, pour la deuxième fois consécutive par José-Manuel Gonçalvès, le directeur du Centquatre, à Paris.
Ces déambulations sous-titrées « Atmosphères ?… Atmosphères ! » en hommage à la célèbre réplique d’Arletty (extraite du film Hôtel du Nord) répondent à deux impératifs : décentrer la manifestation en révélant des sites en pleine mutation, et exposer le meilleur de la création contemporaine dans l’espace public.

Cette année, la balade abolit la frontière du périphérique en incluant certaines villes de la banlieue et plus particulièrement de Seine-Saint-Denis, faisant du Grand Paris non plus une construction géographique mais aussi culturelle. Quel que soit le trajet choisi, du parc Monceau vers la petite ceinture (tronçon Nord-Ouest) ou de la gare du Nord vers l’esplanade du Millénaire à Aubervilliers (Nord-Est), il vous faudra trente minutes à pied pour le parcourir. José-Manuel Gonçalvès ayant eu la bonne idée de concentrer les 23 œuvres en plein air et dans des pôles géographiquement proches.
Point de ralliement conseillé : l’œuvre monumentale du Chinois Zenchen Liu sur le parvis de l’Hotel de Ville. Composée de stèles de glace de taille humaine et teintée de la couleur des drapeaux de toutes les Nations, cette installation dessine cinq rectangles à l’instar des continents. L’Ice Monument disparaisant progressivement (entre 4 et 6 heures), il est impératif de s’y aventurer au début de la nuit sous peine de se contenter d’admirer la peinture abstraite issues par la fonte de ses 270 blocs de glace.

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Leandro Erlichn, bien connu des habitués du Centquatre qu’il a époustouflé en 2012 avec son « Bâtiment » (façade monumentale et vertigineuse sur laquelle le public marchait en ayant le sentiment de grimper) s’installe sur le parvis de la gare du Nord avec sa « Maison fond ». L’artiste argentin, en proposant un titre en forme de jeu phonétique (Maison fond – mes enfants) s’interroge sur l’influence du changement climatique sur l’architecture. Son œuvre, conçue spécialement pour la Nuit Blanche, accueillera définitivement le voyageur. Elle a été réalisée grâce au budget participatif mis en place par la Ville de Paris dans le cadre du projet « Les œuvres d’art investissant la rue ».
Sur le pont de l’Aqueduc, (construit en 1825 sur les eaux du canal de l’Ourcq) un rideau d’eau délivrera une cascade de messages (Julius Popp) tandis qu’une brume « Rose » envahira le centre sportif Micheline Ostermeyer autour des sept faisceaux lumineux d’Ann Veronica Janssens. Le Centquatre, fief de José-Manuel Gonçalvès, présentera deux des chefs-d’œuvre de la collection de la galerie Continua qui fête son anniversaire dans ces anciennes pompes funèbres : Cripplewood, de Berlinde de Bruyckere, présentée lors de la 55e Biennale de Venise ;  et Ascension d’Anish Kapoor. Loin du Vagin de la Reine qui scandalise les Versaillais, l’artiste britannique présente une soufflerie qui aspire un tube de fumée en lévitation vers la voûte du bâtiment, créant ainsi une colonne crépusculaire.

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