Migrants à Paris : la situation vue par 20 Minutes et le Ministère de l’Intérieur

La situation des migrants à Paris… À quelques jours d’intervalle, un communiqué commun de Bernard Cazeneuve et Anne Hidalgo et un article de 20 Minutes n’en dessinent pas le même portrait.

Si « les opération de mise à l’abri humanitaire » des campements de la Gare d’Austerlitz et de la Mairie du 18e arrondissement semblent s’être bien déroulées, les sites du Lycée Jean-Quarré (19e) et de la Porte de St-Ouen (18e) notamment, restent des zones d’ombre.

Sans oublier les campements plus anciens, comme les migrants par exemple du Square Villemin, qui dorment la nuit sous les arcades de la Place Raoul Follereau depuis belle lurette.

Quel est le devenir à terme de ces personnes déplacées ? Rien ne semble acquis pour le moment. On a entendu parler de centres d’hébergement, notamment dans le 10e, mais cela ne s’improvise pas.


20 Minutes du 21 septembre 2015

Il y a eu le boulevard de la Chapelle, la Halle Pajol, le Bois Dormoy et puis, jeudi dernier encore, le quai d’Austerlitz et le parvis de la mairie du 18e arrondissement…Depuis le 2 juin, les expulsions de campements improvisés de migrants se sont accumulées dans la capitale. Sans jamais toutefois résorber le problème : il y a toujours des tentes Quechua qui s’installent ici et là dans Paris.

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Les tentes se font de plus en plus nombreuses porte de Saint-Ouen où des Syriens ont trouvé refuge. – F. Pouliquen / 20 Minutes

« C’est mieux que la rue »

Après les deux évacuations de la semaine dernière, l’attention se porte sur le lycée Jean-Quarré, dans le 19e arrondissement. Le 31 juillet, ils étaient une centaine de migrants à sauter la barrière et à prendre possession du bâtiment de quatre étages, qui était inoccupé. « Au dernier décompte, il y a quelques jours, il y en avait plus de 500, de 14 nationalités différentes », expliquent Héloïse et Houssan, bénévoles ducollectif de soutien aux migrants La Chapelle en lutte.

Ils s’entassent parfois jusqu’à une vingtaine par pièces et dorment sur des matelas posés à même le sol. « C’est aujourd’hui le point le plus critique », observe Mohamed Majidi, de France-Terre d’asile. Le 16 septembre, Libération décrivait le refuge comme régi par la loi du plus fort et miné par des problèmes d’hygiène, de violence, de pratiques mafieuses. Ce lundi, les conditions sanitaires étaient toujours déplorables. « Mais c’est mieux que la rue, estime Héloïse. Et puis, ce lycée est le dernier point de fixation ouvert aux migrants tout juste débarqués dans la capitale. Le seul où ils ont la garantie de trouver de l’aide. »

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Communiqué de presse commun de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, et de Mme Anne Hidalgo, Maire de Paris, du 17 septembre 2015.


Ce matin, l’OFPRA, les services de la Ville de Paris et du ministère de l’Intérieur, ainsi que les associations qui accompagnent les migrants, ont conduit une opération de mise à l’abri humanitaire, sur deux sites dans les 13e et 18e arrondissements de Paris. Elle a permis la prise en charge de 801 migrants et la résorption complète des campements où ils se trouvaient.

Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, et Anne Hidalgo, maire de Paris, se sont engagés à une résorption et à la prévention de l’installation de campements à Paris et en Île-de-France, par la mise à l’abri et la bonne orientation des migrants, pour lesquels la rue ne saurait être un refuge.

Ce matin, une délégation de médiateurs et de travailleurs sociaux – composée de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), des associations qui œuvrent auprès des migrants, de la Ville de Paris, et la préfecture de Paris et de la région Île-de-France – a mené une nouvelle opération de mise à l’abri des migrants, d’une ampleur inédite, avec l’appui des effectifs de la Préfecture de Police.

Elle portait, au même moment, sur deux sites de la capitale : le campement installé près de la gare d’Austerlitz, dans le 13e arrondissement, et celui présent aux abords de la Mairie du 18e arrondissement.

Cette opération a fait l’objet d’une préparation minutieuse, associant toutes les parties prenantes : ces derniers jours, un diagnostic social suivi d’un recensement des personnes concernées a été effectué par la Ville de Paris et les associations ; la Préfecture de Paris et de la Région Île-de-France a ensuite mobilisé les hébergements d’urgence nécessaires, au plus près des besoins.

A 6h aujourd’hui, les médiateurs et les travailleurs sociaux, accompagnés d’interprètes, sont allés à la rencontre des migrants. Après une phase de réveil dans le calme, chacun s’est vu proposer un hébergement d’urgence d’un mois minimum, dans un centre ouvert par la Préfecture de Paris et de la Région Île-de-France et géré par une association reconnue pour son expérience dans ce domaine. Une fiche d’information, traduite en anglais et en arabe, a été distribuée, précisant les conditions de cet accueil.

Tous les migrants présents ont accepté cette proposition, soit un total de 395 personnes dans le 18e arrondissement et de 406 personnes dans le 13e arrondissement. Ils ont ensuite été accompagnés en car jusqu’à leur lieu d’hébergement. L’ensemble de l’opération s’est déroulé dans d’excellentes conditions.

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NF