Regrouper les IIIe, IVe et Xe dans un ensemble de 160.000 habitants ? (Slate)

Capture d’écran 2015-09-23 à 06.27.43La maire de Paris, Anne Hidalgo, veut faire évoluer la carte des arrondissements parisiens. Selon Le Monde, ce projet s’inscrit dans le cadre d’un chantier plus vaste de réorganisation des pouvoirs de la capitale, qui pourrait être examiné par le Parlement début 2016. La commune et le département seraient fusionnés, les compétences de Paris élargies en matière d’urbanisme et la mairie reprendrait les pouvoirs du préfet de police.

Le découpage de Paris en vingt arrondissements est un héritage du milieu du XIXe siècle, quand la capitale a repoussé ses limites pour annexer les faubourgs limitrophes. Les limites actuelles des arrondissements, avec l’annexion des bois de Boulogne et de Vincennes, datent de 1930. Entre temps, la répartition de la population y a considérablement évolué, et les écarts entre arrondissements sont énormes: de 17.000 habitants dans le Ier arrondissement, qui était alors un quartier très dense, à 240.000 dans le XVe ou 200.000 dans le XXe, anciennes communes faubouriennes de Paris dont la population a pour le premier triplé et pour le second doublé.

Cette inégale répartition a des conséquences politiques, la spécificité de Paris, Lyon et Marseille étant d’élire leur maire au suffrage universel indirect, des conseillers municipaux et maires d’arrondissement étant élus au sein de chaque arrondissement puis élisant le maire. Déjà, en 2013, le Conseil constitutionnel avait jugé contraire à la Constitution la répartition des conseillers municipaux à Paris, car les petits arrondissements bénéficiaient d’un nombre excessif de conseillers par rapport à leur poids démographique. Une nouvelle répartition des conseillers avait ensuite été votée.
Toutes les options semblant être sur la table. Réfléchissons à la meilleure manière de redécouper les divisions administratives de Paris.

1.Par circonscription électorale ? Trop compliqué…

Une première solution consisterait à adopter le découpage en circonscriptions législatives, telles qu’elles ont été remaniées en 2012. Ce choix serait idéal pour répondre au souci de justice démocratique puisque la population parisienne serait alors répartie assez équitablement, de 134.000 électeurs pour la plus grande (la 6ème) à 112.000 pour la plus petite (la 11ème). Mais la structure de la population (nombre de mineurs, d’étrangers, pourcentage d’inscrits sur les listes) n’est pas la même dans tous les territoire, ce qui explique qu’il existe des écarts importants de nombre d’électeurs.

Mais cela pose au moins deux problèmes. D’abord il y a dix-huit circonscriptions, donc si l’objectif est de simplifier l’organisation administrative, l’effet est quasi-nul, on ne perdrait que deux arrondissements sur les vingt actuels. Surtout, ces regroupements par circonscription créraient de la confusion inutile pour le Parisien puisque qu’elles sont désignées par leur numéro, de 1 à 18, numéros qui ne correspondent absolument pas à la localisation des arrondissements, à quelques exceptions près. La 14e circonscription correspond par exemple à l’extrême Ouest de Paris alors que le XIVe arrondissement est au Sud, les 10e et 11e à l’extrême Sud alors que les Xe et XIe arrondissements sont au Nord Est, la 5e circonscription est située rive droite et le Ve arrondissement rive gauche, etc.

2.Par fusion entre arrondissements peu peuplés Créons enfin le «Grand Rive Gauche»!

La note confidentielle de la mairie adressée à François Hollande évoque, selon l’article du Monde, un regroupement par secteurs comme à Marseille, où les seize arrondissements sont regroupés en sept secteurs, chacun dirigé par un maire de secteur. La répartition des populations par secteur n’y est pas tout à fait équitable. Par exemple, le VIIe secteur, qui regroupe les XIIIe et XIVe arrondissements dans les quartiers nord, regroupe environ 150.000 habitants, contre 70.000 pour le IIe (IIe et IIIe arrondissements).

Reste que c’est la voie la plus simple. À Paris, une continuité Ier –IIe–IXe aboutirait à un grand arrondissement d’un peu moins de 100.000 habitants, et regrouper les IIIe, IVe et Xe à un ensemble de 160.000. A moins qu’on ne regroupe les VIIIe et IXe (100.000 habitants). Au sud de la Seine, un gros «cœur» de rive gauche pourrait émerger du rapprochement des Ve-VIe-VIIe, avec 163.000 habitants.

/…/

LA SUITE ICI