Rencontre avec Philippe Jaenada à la librairie Litote

La petite femelle de Philippe Jaenada, c’est l’histoire de Pauline Dubuisson.

L’affaire Pauline Dubuisson… à l’époque elle avait fait grand bruit : une jeune femme qui tue son ancien amant, pendant l’après-guerre ça fait désordre dans les moeurs.

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Tout accable la jeune femme, et lors de son procès en 1953, « la France entière » est mobilisée contre elle. Les décennies passent et ça ne s’arrange pas : journalistes, écrivains, cinéastes colportent en permanence la même version, celle de son procès : une meurtrière froide, diabolique, perverse, et surtout amorale.

Condamnée à perpétuité, libérée en 1959, elle est rattrapée par son histoire avec la sortie de La Vérité, film d’Henri-Georges Clouzot, qui la pousse à partir vivre au Maroc, où elle se suicide en 1963.

Le Monde

Preuve que le sujet n’est pas clos de nos jours, un premier ouvrage lui est consacré en cette année 2015 : Je vous écris dans le noir de Jean-Luc Seigle…

Pendant ce temps, hasard ou coïncidence, Philippe Jaenada s’intéresse à cette femme. Il cherche, consulte coupures de presse et archives, rencontre les survivants ; et découvre une réalité bien éloignée de la version de l’époque. Comme il est un peu fou, il passe 2 ans, presque jour et nuit, à récolter les informations puis à les retranscrire avec sa patte (d’ours), « son style inimitable », dont j’avoue et même revendique être fan. Comment ça, des preuves à charge ont été exagérées, certains témoignages oubliés et j’en passe ?

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L’intensité de la recherche, associée aux digressions jaenadesques, nous permet de rencontrer l’humanité de Pauline Dubuisson en son époque : l’empathie de l’auteur est contagieuse et on découvre dans ce livre le portrait d’une jeune femme en avance sur son temps, qui plus est en temps troublé de guerre. Empathie certes, mais la subjectivité que l’on pourrait lui opposer est niée par la précision des documents.

(Mon enthousiasme est partagé par de nombreux critiques, voir les liens ci-dessous, et aussi par le jury du Prix Renaudot, qui sera remis le 3 novembre)

Mais qui en parle mieux qu’Olivia de Lamberterie dans « Mots » sur France 2 ?

RENDEZ-VOUS À LA LIBRAIRIE LITOTE CE SAMEDI 3 OCTOBRE À PARTIR DE 17H POUR RENCONTRER L’AUTEUR !

Allez, juste une citation qui ne déflorera pas le sujet : « Je suis comme les bébés, quand la nuit tombe, j’ai besoin d’un whisky. »


Quelques liens journaux : L’Express   Le Monde et encore Le Monde   Paris-Match   Le Point   Metronews   Marianne   Valeurs Actuelles   L’Avenir Ouest France

Quelques liens blogs :  Survols Zé Piqués   BloColi   Le Petit Poucet des Mots


La petite femelle de Philippe Jaenada, c’est 720 pages, 46  chapitres, 820 grammes… le tout pour 23€ ! Ce qui fait, comme l’a bien calculé François Perrin, seulement 3 centimes la page ! Le pavé paraît un peu lourd de prime abord, mais est plus que digeste à l’usage (avis personnel).


Nathalie Fiks, fan de la première heureIMG_7638