Anne Roumanoff : « j’ai changé plein de choses » (20Minutes)

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Vous étiez sur scène, vendredi soir, au moment des attentats. Comment avez-vous appris ce qu’il se passait ?

J’ai fait mon spectacle en toute innocence jusqu’à 22h45. Le directeur de l’Alhambra, Jean-Claude Auclair, et le régisseur ne m’ont rien dit. Je fais les rappels, tout va bien, c’était une super soirée. Ensuite, dans les coulisses, le régisseur m’annonce que quelque chose de grave se passe. Jean-Claude Auclair a alors parlé au public en disant que plusieurs attentats avaient eu lieu, qu’il fallait rester dans la salle et éviter tout mouvement de panique. Il est resté très serein. Heureusement qu’il était là car il a tout très bien géré. Quelqu’un a même cru qu’il s’agissait d’une blague.

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Vous êtes donc restée dans la salle ?

On est resté quand on a appris l’attaque au Bataclan. On a distribué des bouteilles d’eau au public. Vers minuit, Jean-Claude Auclair a commencé à faire sortir les spectateurs par l’issue de secours donnant sur le boulevard Magenta. Il avait vérifié que les lieux étaient sécurisés. Les gens partaient par groupe de trois. On est parti les derniers, quand on était sûr que tous les spectateurs pouvaient rentrer chez eux ou être hébergés. Un spectateur avait sa voiture garée boulevard Richard-Lenoir [dans le périmètre des attaques], par exemple. Chacun avait une problématique particulière.

Vous avez eu peur ?

Sur le coup, j’étais surtout préoccupé par la sécurité du public. C’est le lendemain que j’ai eu le contrecoup. Je n’ai pas pu écrire ma rubrique hebdomadaire pour le Journal du dimanche, je ne savais pas quoi écrire, c’est trop tôt. Je manque de recul.

/…/

Allez-vous modifier le contenu du spectacle ?

Je pense modifier plein de choses. /…/ J’enlèverai le moment où je me moque des services de renseignement [dans un sketch, elle plaisante sur le fait que le renseignement affirme, après qu’un projet d’attentat a été déjoué, que les terroristes avaient été bien identifiés au préalable]. Cela peut-être drôle si l’on parle de l’attentat déjoué du Thalys, mais aujourd’hui, on ne peut pas rire de ça. François Hollande est désormais le chef de guerre, celui qui est censé nous protéger… Je ne peux pas me moquer de lui de la même manière que je le faisais avant dans mon spectacle. Je verrai ce qui passe ou pas auprès du public.

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