Camp de réfugiés de la Place Raoul Follereau : Quand les élus débattent

Discussion  entre élus au Conseil d’arrondissement de la Mairie du X° le 14/09/2015 suite au Voeu du Conseil de quartier Grange aux belles Terrage.

Voir aussi la lettre de Philippe, résidant Place Raoul Follereau

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Vœu du groupe les Républicains — Mme PAWLIK

« La situation est inacceptable »

 

M. FÉRAUD a déclaré en 2008, dans une lettre adressée aux habitants du 10e arrondissement que « dans l’avenue de Verdun, sur la place Raoul Follereau et dans le jardin Villemin, la présence de plus en plus importante des exilés a atteint des proportions inquiétantes, engendrant des désagréments inacceptables pour les riverains que vous êtes. La municipalité ne reste pas inactive face au désengagement de l’État. »

Il est difficile d’admettre que la mairie soit malgré tout restée inactive sur une période aussi longue. La situation est inacceptable à double titre :
Cette situation n’est en effet pas digne de la Ville et du pays. Le groupe UMP l’avait déjà souligné concernant le campement du boulevard de la Chapelle. La situation actuelle est un peu différente, dans la mesure où il ne s’agit pas des mêmes migrants.

Toutefois, ces derniers sont dans la rue. Pour ceux d’entre eux qui peuvent accéder au statut de réfugiés, la Ville de Paris doit les accueillir dignement.
Pour les riverains, la situation est également inacceptable, d’autant qu’elle perdure depuis plusieurs années. La situation n’a pas été prise en main.
Mme PAWLIK a interpellé le maire du 10e arrondissement cet été à ce sujet et elle a reçu une réponse récemment et elle propose de lire en séance le passage suivant :

« Place Raoul Follereau, il ne s’agit pas d’un campement permanent, mais de l’installation chaque nuit de 50 à 80 migrants pour la plupart originaires d’Afghanistan. »
En réalité, qu’est-ce que cela change ? Ce campement a beau être temporaire, les nuisances pour les riverains sont très importantes.

 

Dans son vœu, Mme PAWLIK formule trois demandes :
–  Il s’agit d’accueillir les réfugiés avec la plus grande dignité. Cela signifie qu’il faut trouver des solutions de logement adaptées à leur situation.
– Il est indispensable de faire preuve de la plus grande fermeté dans la lutte contre les passeurs, qui procèdent à une véritable exploitation économique de la misère humaine. Ce phénomène s’observe également au niveau international.

 

 » Pas de centre  réservé aux réfugiés »

 

– En anticipant sur le voeu déposé par M. Sylvain RAIFAUD et son groupe Europe Écologie Les Verts, Mme PAWLIK ne partage pas la proposition de mettre en place un centre réservé aux réfugiés. En effet, cela serait stigmatisant.

Il est indispensable, pour favoriser leur intégration, de mélanger dès leur arrivée sur le territoire ces réfugiés avec des Français. Cela leur permettra de bénéficier d’une meilleure adaptation et de pratiquer la langue française. De plus, l’installation d’un centre pérenne, dédié aux réfugiés, créerait un véritable appel d’air.

Mme PAWLIK est favorable à des solutions d’hébergement toutefois, il faut que ce dernier soit diffus.

 

 » La place Raoul Follereau et l’avenue de Verdun sont au bord de l’explosion et des débordements sont à craindre ».

 

Mme PAWLIK soutient pleinement la démarche entreprise et elle est associée depuis plusieurs années à l’exaspération des riverains. Elle ne comprend pas que la mairie soit restée inactive sur ce sujet, d’autant qu’en 2008, l’État se voyait reprocher son inaction.
Des solutions doivent être trouvées très rapidement : la place Raoul Follereau et l’avenue de Verdun sont au bord de l’explosion et des débordements sont à craindre.

 
Vœu du groupe Écologie Les Verts — M. RAIFAUD

 

 

« Il faut accueillir les personnes migrantes. Toutefois, leur situation, au sein de nombreux lieux, notamment dans le 10e arrondissement, est anormale »

 

M. RAIFAUD indique qu’il était présent à la réunion du conseil de quartier Grange aux Belles – Terrage du 2 juillet dernier. Le conseil de quartier a tenu son rôle de manière apaisée sur ce sujet difficile et délicat, qui intéresse au plus près les habitants de la place Raoul Follereau et plus largement ceux du quartier. Cet esprit dans lequel se sont tenus les débats témoigne du bon fonctionnement de la démocratie locale.
La situation en Méditerranée, Afghanistan, Érythrée, Irak ou Syrie interpelle fortement le groupe Écologie Les Verts depuis plusieurs semaines. Des régimes totalitaires se mettent en place dans ces pays, ce qui contraint certaines personnes à l’exil, car elles sont susceptibles d’être persécutées. La France et l’Europe doivent être la hauteur de cette situation, en termes de capacités d’accueil et d’asile.
M. RAIFAUD est heureux de constater que les positions de certaines personnes ont évolué au sujet de l’évacuation du campement de la Chapelle.
Il faut accueillir les personnes migrantes. Toutefois, leur situation, au sein de nombreux lieux, notamment dans le 10e arrondissement, est anormale.
Avec Mmes Anne SOUYRIS et Léa VASA, des échanges ont été menés avec les habitants et les conseils syndicaux de la place Raoul Follereau.

M. RAIFAUD a entendu la question posée sur l’opportunité d’être moins accueillant en France tout en renforçant la qualité d’accueil à mettre en place, dans le respect des conventions internationales.

 

Le groupe Écologie Les Verts souscrit totalement aux propositions formulées par le conseil de quartier sur l’augmentation de la capacité d’hébergement et il a déposé un voeu à ce sujet.

La Ville de Paris et plus largement, les collectivités locales et l’État en Île-de-France disposent d’un parc très important d’immeubles qui ne sont pas actuellement affectés à des missions de service public. Le projet consiste à travailler sur ce domaine intercalaire pour identifier les lieux temporaires ou durables disposant de capacités d’hébergement.

 

« ll peut être constaté que la mairie de Paris n’a pas tous les leviers et différents acteurs doivent être réunis pour résoudre les questions posées localement. »

 
Le groupe souscrit également à la proposition d’organiser une table ronde pour élaborer un plan d’action. En effet, il peut être constaté que la mairie de Paris n’a pas tous les leviers et différents acteurs doivent être réunis pour résoudre les questions posées localement.
M. RAIFAUD confirme à Mme PAWLIK que les passeurs doivent être condamnés toutefois, il ne faudrait pas focaliser les débats sur ce sujet, compte tenu de la situation actuelle.
M. RAIFAUD souligne, au sujet de l’hébergement diffus préconisé par Mme PAWLIK qu’il faut bien accueillir les migrants et leur fournir un point d’entrée. Aussi, le groupe maintient sa demande de disposer des lieux d’hébergement adaptés pour les personnes arrivant en France.
M. FÉRAUD déclare que pour les élus socialistes, le voeu présenté par le groupe Europe Ecologie Les Verts n’est pas susceptible d’être voté en l’état et il en propose une version amendée distribuée sur les tables.

 

« La Ville de Paris ouvrira sept centres et l’un d’entre eux sera localisé dans le 10e arrondissement. »

 
M. Paul SIMONDON fait observer que le vœu formulé par les Écologistes ne correspond plus à la situation actuelle, suite aux annonces formulées par la Maire de Paris, après les décisions prises par le Président de la République. La Ville de Paris ouvrira sept centres et l’un d’entre eux sera localisé dans le 10e arrondissement.
Le voeu amendé conserve l’intégralité des considérants que les élus socialistes approuvent. Ils ne souhaitent pas que soit créé un centre par arrondissement, mais ils appellent à une répartition équilibrée des centres, en impliquant notamment le 10e arrondissement.
Il faut effectivement que l’hébergement s’accompagne d’une prise en charge sanitaire, sociale et administrative, dans le cadre de l’examen de la demande d’asile.
Les initiatives citoyennes et associatives, très nombreuses, doivent être relayées autant que possible par la Ville de Paris et la mairie d’arrondissement. La Ville de Paris a démarré ce processus, avec le site jemengage.paris.fr.
Les élus socialistes reprennent la proposition des Écologistes sur la table ronde, telle qu’elle est demandée par le conseil de quartier.
Mme PAWLIK déplore que ce voeu soit déposé en urgence, alors que les mesures ont été annoncées le 10 septembre dernier. Elle exprime sa surprise en constatant que la majorité n’a pas jugé bon de déposer un voeu par elle-même.
M. FÉRAUD souligne qu’il ne s’agit pas d’un vœu supplémentaire, mais d’une version amendée du vœu des élus écologistes.

 

M. BASSINO remercie, au nom des élus communistes, les membres du conseil de quartier Grange aux Belles – Terrage. M. BASSINO a également participé à la séance du 2 juillet dernier et il a apprécié les réactions de solidarité des habitants envers les migrants.
Les élus communistes du 10e arrondissement s’étaient mobilisés sur cette question. Ils avaient sollicité le Préfet de police il y a un an sur la question du campement de la Chapelle.
La ligne politique des élus communistes est claire et constante sur l’accueil des migrants, dont le nombre n’est pas un problème et sur la nécessité de modifier les politiques nationales et européennes qui créent des difficultés.
La liberté de circulation et de travailler légalement sont indispensables, pour en finir avec les passeurs, les camps et la dépendance humanitaire des migrants à leur arrivée.
Les élus communistes remarquent la mobilisation de l’État et de la Ville, depuis les mouvements de juin dernier et la diffusion de la photo d’Aylan Kurdi sur une plage en Turquie.

 

« Les élus communistes soutiennent la demande de table ronde concernant la situation de la place Raoul Follereau « 

 

Les élus communistes soutiennent la demande de table ronde concernant la situation de la place Raoul Follereau ainsi que la demande générale, que sous-tend le vœu, d’une augmentation de l’hébergement, afin qu’aucune des personnes ne soit contrainte de dormir dans la rue.
Concernant le voeu des écologistes, si la demande d’augmentation des hébergements fournis par les habitants des conseils de quartier représente un point d’appui, il ne faut pas oublier le rôle de l’État.

En effet, sur ces questions, la responsabilité relève de l’État. Les élus communistes souhaitent que la Ville assume ses responsabilités et prenne sa part pour résoudre le plus vite possible les problèmes rencontrés. Toutefois, l’État doit mettre en oeuvre les moyens requis et assumer pleinement son rôle, notamment vis-à-vis des personnes qui peuvent prétendre au statut de réfugié.
D’après la loi, les demandeurs d’asile doivent être hébergés en CADA (Centre d’Accueil pour les Demandeurs d’Asile). Moins de la moitié des demandeurs d’asile actuels bénéficient de cette disposition législative, ce qui est insupportable, alors que ces personnes n’ont pas l’autorisation de travailler.
Sur le devenir de la caserne, le projet est déjà avancé et le réexamen des projets et des décisions prises doit s’opérer sérieusement.
Concernant le vœu des écologistes et les propositions d’amendement des socialistes, M. BASSINO fait observer que parmi les personnes arrivant en France, il est recensé des Ivoiriens et des Maliens et il faudrait éviter de procéder à un tri qui pourrait être malsain, en laissant à la rue certaines personnes.

Aussi, il suggère de mentionner, dans les vœux, le terme de « migrant », même si une bonne part d’entre eux sont effectivement partis compte tenu de la situation politique dans leur pays.
Les élus communistes envisagent de voter le vœu, même s’ils auraient souhaité souhaité une rédaction plus offensive vis-à-vis de l’État et plus précise sur la question des migrants.

 

M. BASSINO constate que Mme PAWLIK concentre son discours sur les passeurs et il rappelle à ce sujet que la liberté de circulation engendrera la disparition des passeurs.

Malgré ses appels à l’action, Mme PAWLIK ne propose aucun élément concret, hormis sur l’hébergement toutefois, cette demande rejoint celle formulée depuis des mois par deux groupes, dont les communistes. Contrairement à ce qu’affirme Mme PAWLIK, un hébergement regroupé n’engendrerait pas d’appel d’air. En réalité, les personnes qui quittent leur pays n’ont plus le choix et c’est pour cette raison qu’elles arrivent en France.

Il est nécessaire de leur permettre de s’installer correctement et de leur permettre de travailler.
M. FÉRAUD remercie le conseil de quartier d’avoir soulevé cette question en posant le problème de manière humaniste et en proposant des solutions, au-delà des difficultés bien réelles vécues par les habitants du quartier.
M. FÉRAUD a tenu à leur écrire au mois d’août dernier, afin qu’ils sachent que les pouvoirs publics n’ignorent pas la situation et qu’ils souhaitent trouver une solution, sans être pour autant dans des affirmations définitives en termes de délai et de modalités.
M. FÉRAUD a par ailleurs répondu au courrier de Mme PAWLIK.

 

« Depuis deux ans, des migrants ou des sans-abris ont toujours été présents sous les arbres de la place Raoul Follereau. Toutefois, ils n’atteignaient pas le nombre de 50 à 80 personnes, comme cela est le cas depuis le printemps dernier. »

 

Quelles actions ont été menées depuis 2008 dans le dixième arrondissement ?
Contrairement à ce qui est indiqué dans le voeu de Mme PAWLIK, la situation n’a pas été constante : elle a connu différentes phases.

Depuis deux ans, des migrants ou des sans-abris ont toujours été présents sous les arbres de la place Raoul Follereau. Toutefois, ils n’atteignaient pas le nombre de 50 à 80 personnes, comme cela est le cas depuis le printemps dernier.
« Le Kiosque » a ouvert en 2008, rue du Faubourg Saint-Martin, avec France Terre d’Asile et Emmaüs. À cette période, le Centre d’hébergement des Ecluses a été ouvert dans les anciens locaux de la CFTC, géré par Emmaüs, pour permettre l’accueil de sans-abris, dont un grand nombre étaient des Afghans exilés vivant dans les rues du 10e, ce qui a permis d’offrir un débouché positif à une situation locale difficile. Il s’agissait ici de pallier l’absence de l’État.
M. FÉRAUD avait beaucoup insisté auprès de Bertrand DELANOË pour ouvrir à l’hiver 2010 ce qui est aujourd’hui le rez-de-chaussée de la médiathèque Françoise Sagan, lorsqu’une centaine de personnes dormaient dans un très grand froid sous les arcades de la place Raoul Follereau et le long du canal Saint-Martin.
Toutes les actions menées ne se sont jamais interrompues. Le dixième arrondissement met toujours à disposition un gymnase pour participer au plan Hiver.
La situation de cet été n’est pas comparable, en nombre et en termes politiques, à ce qui a été vécu par le passé. Elle concerne toute l’Europe.
M. FÉRAUD n’entend pas alimenter la polémique, mais il appelle à la cohérence. Les objectifs de la majorité rejoignent ceux exprimés par les communistes ou les Verts, même s’il existe des différences d’appréciation méthodologique et en termes de rapport avec le gouvernement.

M. FÉRAUD ne comprend pas les propos de Mme PAWLIK écartant le projet de lieux dédiés pour les réfugiés, alors que la Présidente du groupe UMP déclare elle-même dans Le Parisien de ce jour qu’il faut absolument des lieux dédiés et que le maire du plus grand arrondissement de Paris, Philippe GOUJON, a écrit à Anne HIDALGO pour demander qu’il n’y ait pas de réfugiés dans le 15e arrondissement.

Il serait aussi possible de rappeler les propos de M. DEVEDJIAN ou du Président du parti de Mme PAWLIK sur la « fuite d’eau ». Les élus ont un devoir de cohérence dans leurs propos, y compris dans un cadre politique plus large.
Les élus socialistes ont proposé une version amendée du vœu proposé par Europe Écologie Les Verts et ils pensaient que ces derniers procèderaient à de plus grandes modifications.
M. RAIFAUD déclare que les élus écologistes n’ont pas encore eu le temps de répondre à cette proposition.
M. FÉRAUD déclare que c’est pour cette raison que les élus de la majorité proposent cette alternative, avec les points qui leur semblent importants.

 

« M. FÉRAUD a été heureux d’apprendre que l’État avait trouvé un lieu dans le 10e arrondissement qui permettrait l’hébergement dans le cadre du plan annoncé. »

 

Il est essentiel que le plan mis en œuvre par l’État avec les collectivités locales, en particulier avec la Ville de Paris, soit à la hauteur des besoins, même si ces derniers ne peuvent jamais être totalement connus à l’avance.
Il est également essentiel que le 10e arrondissement y participe. M. FÉRAUD a été heureux d’apprendre que l’État avait trouvé un lieu dans le 10e arrondissement qui permettrait l’hébergement dans le cadre du plan annoncé.
M. FÉRAUD estime qu’il faut des lieux dédiés, car il n’est pas possible de mélanger tous les publics. Ce point est soutenu depuis longtemps par la majorité municipale parisienne. Dans le cadre de ces lieux dédiés, il ne faut pas se contenter d’hébergement : il est nécessaire d’aborder la prise en charge globale des personnes, comme le demande la majorité.
Enfin, ces lieux doivent permettre d’accueillir les migrants réfugiés dans le cadre des accords européens, avec une forme de suivi, organisé de manière centralisée, ainsi que les migrants présents sur Paris parfois depuis longtemps. Dans ce cadre, les personnes présentes place Raoul Follereau doivent pouvoir intégrer ces dispositifs d’hébergement.

M. FÉRAUD a obtenu oralement l’attention et la garantie de la maire de Paris Anne HIDALGO et du Préfet de police, afin que dans les prochaines opérations d’ouverture de lieux dédiés, une proposition soit formulée aux personnes présentes sur la place Raoul Follereau.
M. FÉRAUD ne sait pas quel sera le temps requis pour la mise en place de ces dispositifs toutefois, ces évolutions sont très importantes.

 

« Place Raoul Follereau, il s’agit principalement de personnes provenant d’Afghanistan ou de l’Érythrée, nationalités qui justifient pleinement une demande d’asile pour obtenir le statut de réfugié. »

 
M. FÉRAUD signale à M. BASSINO au sujet de la différence entre les réfugiés et les migrants économiques que la place doit être suffisante pour tout le monde. Le fait d’être en situation irrégulière sur le territoire ne doit pas conduire à rester à la rue.

 

 
Place Raoul Follereau, il s’agit principalement de personnes provenant d’Afghanistan ou de l’Érythrée, nationalités qui justifient pleinement une demande d’asile pour obtenir le statut de réfugié.
M. FÉRAUD pense que la situation de la place Raoul Follereau devrait aboutir à une solution dans les semaines à venir. Toutefois, cela ne peut pas être garanti.

 

Mme PAWLIK constate que tout en se défendant de toute polémique, M. FÉRAUD l’alimente en mettant en cause Philippe GOUJON et en présentant la situation de manière biaisée.

 

Philippe GOUJON s’est opposé à l’implantation envisagée parce qu’une crèche était prévue dans le lieu choisi, sans concertation aucune avec le maire d’arrondissement.
Mme PAWLIK s’abstiendra sur le voeu présenté ci-dessus, compte tenu de certains considérants qu’elle ne partage pas totalement. De plus, elle reste convaincue qu’il faut un hébergement diffus, même si elle n’est pas opposée à la possibilité d’évoluer sur ce sujet à l’avenir.

Mme PAWLIK constate que les engagements dont il est question reposent sur de simples paroles, sans calendrier ni aucun élément concret.
À quel moment sera-t-il possible, pour les habitants de la place Raoul Follereau, de retrouver leur tranquillité ? Mme PAWLIK souhaite que de réels engagements soient pris à ce sujet.
M. RAIFAUD déclare que les élus du groupe Europe Écologie Les Verts souhaitent, au sujet du voeu amendé distribué en séance, que les éléments soient plus précis au sujet des moyens, notamment sur le domaine intercalaire qu’il faudrait recenser.
M. FÉRAUD déclare que cette demande ne lui pose aucun problème de principe. L’État a sollicité toutes ses administrations pour le recensement de ce domaine.
M. RAIFAUD souligne l’importance de cette demande, qui permet de cibler les moyens et de cerner les capacités et les perspectives pour les prochaines semaines et l’hiver prochain.
La deuxième demande porte sur la question de la table ronde. Les élus écologistes ont repris la proposition formulée par le conseil de quartier et M. RAIFAUD confirme les propos de M. BASSINO sur le besoin de faire participer l’État. En effet, ce dernier détient un certain nombre de moyens. Les associations intervenantes doivent être également présentes.

M. FÉRAUD confirme que ces éléments vont être intégrés et proposés précisément.
Sur le voeu présenté par Paul SIMONDON, la modification porterait sur la première demande : après le recensement des immeubles du domaine intercalaire de l’État et de la ville, la répartition des centres d’accueil et d’hébergement doit être équilibrée sur le territoire parisien et l’arrondissement du 10e y participera activement.
Il s’agirait aussi qu’une table ronde réunisse l’équipe municipale, les représentants de l’État et l’ensemble des acteurs locaux concernés, associations et habitants, pour opérer un point sur la prise en charge des réfugiés au niveau de l’arrondissement, ce qui permettra d’associer les associations et les conseils de quartiers.
M. RAIFAUD déclare que le voeu amendé présenté ci-dessus le satisfait.
Le voeu présenté par Mme PAWLIK est rejeté.
Le voeu présenté par Europe Écologie Les Verts et amendé par les socialistes est adopté (voix favorables hormis deux abstentions).

 

« Où sera situé le lieu d’hébergement évoqué dans l’arrondissement ? »

 
Un intervenant remercie les élus pour leur réponse. M. RAIFAUD, Mmes PAWLIK et VASA étaient récemment venus rencontrer les habitants de la place Raoul Follereau. Cette venue et la discussion qui en a découlé ont été très appréciées.
Pour relayer plus efficacement les réponses apportées ce soir auprès des habitants du quartier, il faudrait fournir des informations plus précises, notamment un calendrier précis des actions à venir, la date de la table ronde, la date de création des nouveaux centres d’hébergement annoncés par Anne HIDALGO. Il faudrait savoir s’ils seront mis en place avant l’hiver et les intempéries.
Où sera situé le lieu d’hébergement évoqué dans l’arrondissement ?
Le conseil de quartier avait suggéré, au sujet des lieux d’hébergement, de prêter attention à l’impasse Boutron, pour lequel il existe un appel à projets de la part de la SNCF pour une installation artistique.

Il n’est pas certain que les habitants de la place Raoul Follereau voient d’un très bon oeil l’installation d’une œuvre artistique à proximité des migrants dormant sous les arcades.

 

« L’intention humaniste »

 
Le conseil de quartier a entendu le fait que le conseil d’arrondissement était sensible à l’intention humaniste qui accompagnait la formulation du vœu. Il est certain que cela était très important pour les habitants participants au conseil du quartier.

Pour autant, il ne faut pas minimiser les tensions avérées qui prévalent sur la place Raoul Follereau.

M. FÉRAUD ne communiquera pas pour l’instant au sujet de la localisation du lieu d’hébergement dans le 10e arrondissement, à la demande des autorités de l’État et de la Ville, car le processus est en cours et il devrait aboutir dans les prochains jours.