Salle de shoot : Feu vert législatif et nouvelles polémiques ( Le Parisien)

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C’est imminent. La salle de shoot verra prochainement le jour dans l’enceinte de l’hôpital Lariboisière (Xe), après moult péripéties et polémiques.

Le projet de loi de « modernisation » du système de santé de la ministre Marisol Touraine, a été adopté définitivement ce jeudi par le Parlement, validant l’expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque (SCMR) pendant six ans, destinées aux toxicomanes précarisés. La loi sera promulguée au mois de janvier 2016. Appelée de ses vœux par le maire (PS) de l’arrondissement Rémi Féraud qui, dès les premiers balbutiements du projet, s’était porté volontaire pour accueillir la salle dans l’un des quartiers de Paris les plus touchés par la toxicomanie, elle devait d’abord être installée boulevard de la Chapelle.

Devant la fronde des riverains c’est dans un autre site, distant de quelque 200 m, rue Ambroise-Paré, dans un bâtiment de Lariboisière mis à disposition de l’association Gaïa et de Médecins du Monde, chargés de superviser le lieu et d’assurer le suivi sanitaire et social, que des centaines de toxicomanes qui y sont attendus.

« Elle sera à l’endroit exact où se trouvent les consommateurs, dans les secteurs des rues de Maubeuge et Ambroise-Paré », se félicite Rémi Féraud, qui compte organiser une nouvelle grande réunion d’information publique, au début de l’année, pour détailler précisément le projet auprès des habitants. Car, la salle de shoot divise toujours. Si elle trouve des partisans, favorable à une prise en charge thérapeutique des toxicomanes, elle rencontre également de farouches adversaires.

Pétition destinée à être adressée à Bernard Jomier adjoint (EELV) d’Anne Hidalgo en charge de la Santé, comptes Twitter et Facebook intitulés « Stop salle de shoot » et larges banderoles apposées sur les immeubles : le quartier Saint-Vincent-de-Paul est en ébullition.

« Tout s’est passé sans concertation avec les riverains ! Cette salle sera installée à deux pas de la gare du Nord, la plus grande d’Europe, de la maternité de Lariboisière, des écoles Belzunce et Rocroy, de la crèche, s’indigne un collectif de riverains. Nous subissons déjà tous les jours dans les halls d’immeubles, les rues, au vu de tous, les trafics de Subutex et autres substances. Nos enfants marchent sur les seringues… Pour toutes ces raisons, non à la salle de shoot en zone résidentielle ! »

Des craintes relayées par Deborah Pawlik, élue (LR) dans le Xe, qui pointe, de son côté, le manque d’information municipale concernant le fonctionnement de la salle. « La présence policière sera-t-elle renforcée ? Que feront les toxicomanes en dehors des heures d’ouverture », s’interroge-t-elle à l’instar des élus républicains de Paris, qui martèlent : « l’hôpital devrait être un sanctuaire de santé publique.

Il ne peut devenir le cœur d’un quartier où la drogue et son trafic sont légalisés de fait. » Rémi Féraud, quant à lui, s’il reconnaît une certaine opposition des riverains à proximité immédiate de Lariboisière, assure que, pour d’autres « l’intégration de la salle à un site hospitalier est plutôt rassurant ». La SCAMR devrait ouvrir avant l’été, au plus tard.