Le « Poiss » avant et après, par Chantal Goldstein

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Rue du faubourg Poissonnière Paris par Marko Stupar

Un peu d’histoire(s)…Nous sommes arrivés dans le « Poiss » en 81.

Un melting pot de 70 nationalités, un peu casher, un peu arménien, un peu grec, un peu africain, un peu arabe, total désert le WE, total bouchons la semaine, une terra incognita sans bobos, sans bourgeois, sans enfants, sans vélos, sans bio…

Des camions, des façades noires, des cours d’immeubles embouteillées, des poubelles, quelques restaurants familiaux, une ambiance populaire bosseuse et polyglotte , des écoles en zep avec les enfants qui en 97 ont tapissé le trottoir Paradis de bombes fluo pour signaler les crottes de chiens…

Il y a trois ans, le grand remplacement est arrivé.

Démarrage avec le Martel puis rue de Paradis avec Nanashi et le Fantôme, mêmes proprios, et puis tout s’emballe. Paradis, Petites Ecuries, Hauteville, Saint Denis deviennent hype de chez hype et le Poiss devient soudain le temple du fastgood.

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Le Fantôme

 

Un resto tous les mètres et c’est pas fini, on annonce un comptoir italien à la place du vieux magasin photos, un bar à mozzarella à la place du plombier, le nouveau Garde-manger, épicerie bio vend ses carottes 5,45€ le kg..

Spectacle permanent à tous les étages pour les « vieux du quartier » qui n’en reviennent pas de voir arriver les hipters en rangs serrés dans un vieux faubourg anonyme et hétéroclite…

Seuls restent le trafic nord-sud non régulé et le carrefour mortel mal calibré Paradis/Bleue/Papillon qui bloque les bus et les pompiers.

Mais qu’importe le bruit et la fureur des bagnoles du moment que le business marche ?

 

Chantal Goldstein