Canal St Martin : le rapport de Bruitparif confirme des nuisances sonores bien réelles


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Sites où ont été posés les sonomètres

« Le quartier du canal Saint-Martin a vu sa fréquentation augmenter considérablement ces dernières années. Lors des beaux jours notamment, le canal attire un nombre important de personnes sur ses berges. Cette attractivité a encouragé le développement de l’activité commerciale et touristique du quartier mais a également eu comme conséquences, selon le ressenti de nombreux riverains, d’augmenter significativement les nuisances sonores.
Face à cette problématique et face aux attentes des habitants, Bruitparif a réalisé une campagne de documentation de l’environnement sonore sur trois sites de ce secteur entre mai et août 2015.
Les mesures ont permis de documenter l’impact sonore de l’activité humaine sur les berges du canal Saint-Martin (voix, cris, rires,…).
Cette activité, cumulée aux bruits ambiants de circulation routière, génère des niveaux sonores élevés en façade des bâtiments riverains du canal. Le niveau moyen sur la période nocturne (22h-6h) dépasse très souvent 65 dB(A), niveau considéré comme critique la nuit.
Sur la période 22h-2h, ces niveaux moyens peuvent même atteindre 70 dB(A) certains soirs. Le week-end notamment, les niveaux de bruit sont plus importants en soirée et la nuit qu’en journée.
A partir du début de soirée (19h), c’est essentiellement le bruit de fond qui augmente en lien avec l’apparition d’un « brouhaha » dans la rue.
Les mesures ont également mis en évidence, entre 20h et 1h30 du matin, un impact sonore significatif des basses fréquences (notamment dans la bande d’octave 63Hz) au sein de la cour intérieure des immeubles qui sont proches d’un établissement diffusant de la musique amplfiée.
L’analyse des mesures réalisées permet ainsi de fournir des éléments objectifs de description de l’environnement sonore permettant d’alimenter la réflexion et les échanges entre les différents acteurs du quartier (riverains, pouvoirs publics, commerçants) dans le but d’améliorer l’environnement sonore et de ménager la tranquillité des riverains. »
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Où ont été  exactement posés  les sonomètres :

– En façade d’un immeuble sur le quai de Jemmapes exposé directement au canal Saint-Martin.
– En façade du même logement mais côté cour de l’immeuble, au droit du passage permettant l’accès à un
établissement (le Comptoir Général).
– En façade d’un immeuble de la rue Bichat, côté cour, au droit du même établissement.
  Le détail des impacts  sonores :
Les mesures ont été réalisées sur environ trois mois, entre le 19 mai et le 21 août 2015.
Les mesures ont clairement mis en évidence un fort impact sonore de l’activité humaine sur les berges du canal Saint-Martin (voix, cris, rires,…).
Cette activité, cumulée aux bruits ambiants de circulation routière, génère des niveaux
sonores élevés en façade des bâtiments riverains du canal.
Le niveau moyen sur la période nocturne (22h-6h) dépasse très souvent 65 dB(A), niveau considéré comme critique la nuit. Sur la période 22h-2h, ces niveaux moyens peuvent même atteindre 70 dB(A) certains soirs. Le week-end notamment, les niveaux de bruit sont plus importants en soirée et la nuit qu’en journée.
A partir du début de soirée (19h), c’est essentiellement le bruit de fond qui augmente en lien avec l’apparition d’un« brouhaha » dans la rue.
Cela a pu être mis en évidence avec l’indice Harmonica qui retranscrit particulièrement bience phénomène.
Cela implique pour les riverains une absence de temps de pause avant ce que l’on pourrait qualifier « d’endormissement de la rue », variable selon les jours, mais n’intervenant souvent qu’à partir de 2h du matin, voire seulement vers 3h ou 4h du matin les nuits de fin de semaine.
Quai de Jemmapes, côté cour, le bruit particulier généré par les clients du Comptoir Général au niveau du passage donnant sur le quai de Jemmapes n’a pas pu être quantifié, ce dernier étant de nature identique au bruit généré par les usagers des berges du canal.
La réalisation de mesures en hiver, avec une fréquentation plus faible des berges du canal, devrait permettre de pouvoir caractériser ce bruit si ce dernier émerge significativement du bruit résiduel.
En marge de l’évaluation du bruit le long des berges du canal, l’impact sonore des basses fréquences a également été mis en évidence au niveau du site rue Bichat côté cour.
Sur ce site, a été observée une exposition particulière aux niveaux sonores en très basses fréquences (octave 63 Hz) sur la période 20h-1h30 et plus particulièrement du
mercredi soir au samedi soir.
C’est entre minuit et 1 heure du matin que les niveaux observés dans cette bande d’octave sont les plus forts, s’établissant en moyenne à 63 dB, soit de l’ordre de 10 dB de plus que lors de l’heure la plus calme entre 3 et 4h du matin.
Dans la mesure où le niveau dans cette bande de fréquences n’évolue pas demanière corrélée avec l’évolution du trafic routier, où il dépasse le niveau atteint quai de Jemmapes côté cour et qu’il diminue rapidement entre 1h30 et 2h du matin, il est fort probable qu’il s’agisse de musique amplifiée diffusée au sein
du Comptoir Général.
Cette présence importante de basses fréquences, dans un environnement calme par ailleurs la nuit, est susceptible de générer de la gêne et une perturbation du sommeil pour les riverains.
Les mesures réalisées par Bruitparif pendant près de 3 mois en façade d’un logement de la rue Bichat côté cour pourraient ainsi être utilisées pour rechercher des solutions techniques pour limiter à la source ou dans leur propagation les basses fréquences
issues de la musique amplifiée diffusée par le Comptoir général.
Il pourrait également en complément être procédé àdes mesures à l’intérieur des pièces principales des logements les plus exposés permettant le calcul des émergences  réglementaires conformément aux exigences du décret n°2006-1099 du 31 août 2006 modifiant le code de la santé publique (articles R1334-30 à R1337-10), y compris sur la bande d’octave 63 Hz qui n’est pas obligatoire dans la réglementation.
Le rapport de Bruiparif est téléchargeable ICI