CANAL ST-MARTIN : RETOUR SUR FEU « VENISE SOUS PARIS » (Guillaume Malaurie)

 

 

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Les Fêtes privées « Venise sous Paris » prévues pendant le chômage du Canal Saint-Martin n’auront finalement pas lieu faute d’autorisation de la Préfecture suite aux attentats. Tenu secret, cet ambitieux projet de manifestations à haute fonction touristique devait en principe conduire à un jumelage entre le Canal St Martin et le Grand Canal de Venise. C’est fini.

« Nous venons de signer aujourd’hui vendredi pour un autre lieu magique dans le VIII° arrondissement à la Fondation Callouste Gulbenkian, 51 avenue d’Iena », nous confie Foulques Jubert, le Président de l’Agence Wato qui organisait l’événement.

Et il ajoute sibyllin : « Je crois comprendre que le courage, la droiture et l’audace ne font pas précisément partie du vocabulaire des chers hommes politiques ». Sans doute une allusion à l’abandon du «Venise sous Paris» auquel il tenait beaucoup.

« Tous les X° » qui avait révélé les modalités de cette manifestation revient sur le making-of du seul événement prévu de longue date en accompagnement du chômage du canal et qui… n’aura donc pas lieu.  Restent des polémiques et pas mal de leçons à tirer. GM

 


Dans son édition parisienne du 7 janvier, Le Parisien publie un article intitulé :  » Venise sous Paris : une fête privée qui soulève la polémique « .

Venise sous Paris ? À l’exception des lecteurs assidus de «Tous les X°» (voir le Post détaillé que nous avions publié le 6 novembre dernier), ils ne sont que quelques rares initiés à être au courant du projet secret de l’Agence Wato visant à organiser des fêtes privées techno-baroques sur le Canal Saint-Martin juste à l’entrée de sa partie souterraine.

L’intégralité du projet est pour la première fois consultable ICI.

Dates prévues ? Les 22, 23 et 30 janvier à la faveur du chômage du Canal qui interdit de facto toute circulation de bateaux depuis le 4 janvier, jusqu’à fin du mois de mars.

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Embarcadère sur le port de l’Arsenal

 

L’idée consistait  à faire embarquer sur des canots électriques au port de l’Arsenal les fêtards emperruqués et déguisés en habits XVIII°. Puis à les emmener par petits groupes sur une large barge située à la hauteur de l’écluse du Fbg du Temple. Soit à la frontière entre X° et XI°. Le temps de la balade, quelques minutes, ils auraient vu et entendu des violonistes en costume de Casanova jouer sur les bords du canal souterrain.

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La fameuse barge, le débarcadère et le décor vénitien

 

Et à l’arrivée, ils auraient accosté  sur la barge reproduisant un décor en carton-pâte de la Piazza San Marco où l’on aurait pu danser, boire, dîner, teufer dans une ambiance techno-baroque.

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La traversée en canot électrique vers l’écluse du Fbg du Temple et les musiciens sur les berges

 

Plutôt sympa. Alors pourquoi une polémique ?

Résumé du Parisien : «  Fin novembre, l’élue (LR) Deborah Pawlik, qui a découvert ce programme, s’est fendue d’un courrier cosigné par la Présidente du groupe LR au Conseil de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet à la Maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, pour s’étonner des conditions d’organisation de cet événement privé. « 

«Dans quelles circonstances et sous quelles conditions cette privatisation a été organisée […] Par ailleurs, alors que les riverains du canal Saint-Martin appellent depuis des mois voire des années à un retour de la quiétude dans le quartier, l’arrivée sur le canal Saint-Martin de 750 personnes lors de chacune des trois soirées, ne peut se faire sans que toutes les mesures soient prises afin que les riverains puissent être assurés de l’absence de nuisances sonores », insistent les deux élues de droite dans leur lettre.

 Un courrier qui a profondément choqué le maire (PS) du Xe, Rémi Féraud. « J’ai trouvé cette démarche d’une immense vulgarité. Quelques jours après les attentats, envoyer cette lettre de dénonciation pleine de sous entendus de « copinage » ou de « collusion ». C’est de la malveillance gratuite. Mais cela m’a encore plus convaincu de faire cet événement », répond le maire du Xe. D’autant qu’en termes de nuisances, elles devraient être réduites puisque la fête costumée, doit être organisée dans la partie couverte du canal sous le boulevard Richard Lenoir entre le port de l’Arsenal et République. « C’est une bonne façon de gérer le domaine public ! » défend le maire du X°.

 Aucune information n’est pour le moment donnée sur la redevance exigée auprès de l’agence pour occuper les lieux. « La demande est en cours d’étude, il faut étudier toutes les questions de sécurité avec la Préfecture de Police, explique-t-on à l’Hôtel de ville. Sur le principe, nous sommes d’accord. Ce sera l’occasion de générer des recettes.»

 

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La Lettre à Anne Hidalgo, signée Déborah Pawlik et NKM

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Fin de la fête et fin de la polémique ? 

La polémique risque de faire long feu car, suite aux attentats, la Préfecture de Police avait d’abord repoussé depuis décembre à plusieurs reprises la délivrance de son avis sécurité. Et c’est depuis plus d’une semaine que l’avis négatif a été rendu. Il n’avait pas été rendu public à la demande de Foulques Jubert qui souhaitait pouvoir se retourner et trouver un autre lieu pour accueillir la fête et ses 4000 inscrits.

Précisons en effet que l’écluse du Fbg du Temple est à deux pas de la « rue de la Fontaine au Roi » et du restaurant « Le Petit Cambodge » rue Bichat attaqués comme on le sait par les terroristes islamistes.

Décryptage

«Tous les X°» entend tout de même décrypter d’un peu plus près cet échange de mots doux entre le Maire du X°, Rémi Féraud, et la chef de file de l’opposition Déborah Pawlik de ce même X° .

Que cela soit clair : «Tous les X°» s’exprime comme à l’habitude en toute liberté. Nous ne sommes affiliés à aucun Parti et nous ne recevons aucune subvention.

Une remarque préalable. Rémi Féraud peut certainement s’émouvoir du fait que la lettre de Déborah Pawlik et de NKM soit signée du 20 novembre soit dix jours seulement après les attentats.

Trois bémols cependant :

– L’opération de «crowfunding» engagée par l’Agence Wato pour placer les 2000 premiers billets se clôturait le 16 novembre et la divulgation de l’annonce de localisation de la fête devait suivre assez vite.

– Il ne semble pas que la Mairie centrale ou la Mairie d‘arrondissement aient demandé l’annulation de l’organisation de «Venise sous Paris» suite aux attentats.

–  Enfin, à notre connaissance l’état d’urgence ne prévoit pas la suspension des débats municipaux.

Première remarque : les nuisances

 Déborah Pawlik et NKM pointent le risque des «nuisances sonores pour chacune des trois soirées». Le souci peut paraître légitime à ce niveau du Canal où durant l’été la concentration des noctambules est particulièrement dense et a déjà conduit à de nombreuses tensions l’été dernier. Voir l’étude de décembre de Bruitparif.

L’Association «Les riverains du Canal» s’est d’ailleurs émue de l’annonce de «Venise sous Paris» et avait rencontré l’organisateur de l’événement, qui lui avait donné des assurances : prise en charge des fêtards (750 environ) qui décideraient de rester sur place à la sortie de la barge (1500m2 sous la voûte) rue du Faubourg du Temple ou sur les quais de Jemmapes et de Valmy.

Pour les résidents du Canal, il est vrai que l’hiver est la saison bénie du temps calme et il est sûr que beaucoup souhaiteraient sauvegarder ce moment de répit. Rémi Féraud a cependant raison de rétorquer que la barge où devait se faire la fête devait être située dans la partie souterraine du canal.

Il convient tout de même de préciser :

  1. Que la Barge devait certes être installée dans la partie souterraine mais juste avant le débouché de celle-ci pour garantir un accès facile. Et il est donc probable que le bruit eut été tout de même perceptible à l’extérieur. Notamment à 2heures de matin lors du départ des joyeux invités.
  1. Que ce ne sont pas seulement trois soirées qui étaient prévues le vendredi ou le samedi. Sans doute près d’une quinzaine si la demande avait suivi. Et elle suivait ! À l’heure qu’il est et sans que personne ne sache où devait avoir lieu «Venise sous Paris», 4000 personnes s’étaient déjà inscrites et avaient  payé leur entrée. 

Deuxième remarque : le secret

La marque de fabrique de l’Agence Wato qui est spécialisée dans l’événementiel sur des sites exceptionnels, c’est le teasing. Un marketing très imaginatif qui joue sur l’imaginaire, la surprise, le secret et la confiance.

D’accord.

Mais ce secret justifie-t-il que tous les arbitrages de la Mairie centrale pour cette privatisation festive d’un lieu public soient protégés par une discrétion de même niveau ?

Foulques Jubert, le jeune patron de Wato, 38 ans, décrit d’abord assez bien ses pérégrinations d’un service L’Hôtel de Ville à l’autre, d’un cabinet de la Mairie à l’autre sans que son projet qui touche à la privatisation d’un domaine public ne rentre dans une procédure cadrée.

Le Cabinet de Bruno Julliard est d’abord approché en avril 2015. Normal, le Premier Adjoint à la Maire de Paris est en charge de toutes les questions relatives à la culture, au patrimoine, aux métiers d’art. Mais, de ce côté-là , Foulques n’obtient pas grand’chose. C’est bien le «service compétent» mais il fait chou blanc.

«En revanche, ajoute-t-il , Jean-Louis Missika, chargé de l’urbanisme, de l’architecture, du projet du Grand Paris, du développement économique , de l’attractivité et qui pèse lourd auprès de la Maire était vraiment enthousiaste».  Comment  le puissant et influent conseiller d’Anne Hidalgo le manifeste-t-il ? En dotant Foulques d’un sésame : une « lettre de soutien »  signée par lui, dans laquelle il « salue la bonne idée ». D’autres lettres viendront s’y ajouter mais celle-ci est certainement la plus précieuse et elle donne le ton.

 

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(Toutes les  lettres  sont consultables en ligne ICI et elles accréditent l’idée, à bien regarder les éléments de langage, qu’il ne s’agit plus seulement d’une fête à caractère privé dans un lieu insolite mais d’une « manifestation touristique et culturelle » )

Bien. Mais l’Agence Wato qui supporte tous les frais doit commencer à faire étudier la logistique, financer une vidéo de haute qualité pour 10 000 € environ, conclure sur les questions très délicates de sécurité avec le service des canaux, la protection civile…

Les discussions se poursuivent avec Stéphane Fievet, Conseiller artistique et des Grands événements de Anne Hidalgo.

Foulques apprend fin juillet par un texto qu’Anne Hidalgo a validé le projet mais que son nom n’apparaîtra pas.

La discussion s’enclenche donc avec Philippe Chotard, le Secrétaire Général de la Ville. C’est lui qui donnera à Foulques le 29 juillet un «accord de principe» dans une «lettre d’intention» de la Mairie sur «Venise sous Paris», sous réserve que le projet soit autofinancé et avalisé par la Préfecture de Paris et les services techniques de la ville. (voir la lettre ICI)

 

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Lettre de Philippe Chotard, Secrétaire Général de la Ville, qui donne son accord de principe.

 

Y a-t-il un avenant avec contrat ou un projet de contrat ? «Non, rien, répond Foulques. La convention n’aurait été rédigée et signée qu’après l’obtention des autorisations de la Préfecture.»

Quelles sont les conditions financières requises par la Mairie pour obtenir cette concession du domaine public ? «8% du chiffre d’affaires hors taxes», précise Foulques qui ajoute : «C’est Chotard qui me le dit d’abord oralement puis le précise dans sa lettre du 29 juillet.  Je m’en souviens bien parce que j’avais trouvé le pourcentage assez énorme et que je m’étais un peu énervé. Mais bon j’avais vraiment très envie de mener ce projet à bien et je me suis mis à travailler sur toutes les activités rentables possibles pour faire face : le bar, le restaurant….»

Troisième remarque : Le précédent Catacombes

Procédure conforme ? Sans doute mais pas forcément satisfaisante. Il apparaît d’ailleurs que la question des modalités d’une concession d’un domaine public à fin festive avait été posée en octobre dernier et avait déjà fait l’objet d’une polémique.

Quand ? Le 16 de ce mois  lors de la mise à disposition pour 350 000€ d’une partie des catacombes le 31 octobre à Airbnb. A quelle fin ? L’organisation d’un événement publicitaire lors d’Halloween.

 

Le Groupe Ecologiste De Paris (GEP) avait alors réagi sèchement en utilisant des termes très vifs : «Il est anormal que des décisions de ce type puissent être prises sans discussions et sans vote préalable», dit David Belliard, coprésident du GEP. Pour Anne Souyris, coprésidente du GEP, «Si les catacombes sont privatisables, alors qu’on en connaisse les critères et le prix de manière transparente».

 

La même remarque vaut–elle pour le Canal Saint-Martin ?  Il le semble bien : critères de location pas vraiment cadrés, absence de consultation avec les élus locaux du X° ou du moins avec l’ensemble des adjoints du Maire qui n’ont, à bien y regarder, qu’un rôle de ratification.

Nous avons posé la question à Anne Souyris, élue du X°, qui n’a pas répondu. Il suffisait pourtant de rappeler  qu’Anne Hidalgo, suite à cette polémique, avait promis « une charte encadrant le recours au mécénat et aux partenariats de valorisation ». Elle sera certainement  la bienvenue.

La soirée de la « levée de fonds »

Car le  problème de Foulques Jubert , c’est que pour faire face aux dépenses de «Venise sous Paris» et au prélèvement de 8%, il a besoin que son événement tourne rondement. Et il espère des sponsors ou des partenaires privés.

Encore faut-il les séduire et leur en mettre si possible plein la vue.

«J’ai demandé à la Mairie du X° si ils seraient d’accord pour que nous organisions une soirée de levée de fonds dans la Mairie avec des invités choisis.»

Pourquoi là  ? «Parce que son maire Rémi Féraud avait soutenu très tôt le  projet et que le bâtiment de la Mairie a de la gueule. Enfin, le Canal Saint-Martin  est associé quasi exclusivement à l’image du X°», explique Foulques .

«La réponse a été très vite oui, ajoute-t-il, mais je crois savoir que l’Hôtel de Ville a beaucoup toussé…».

 

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En costumes civils, de gauche à droite : Rémi Féraud, Maire du X°, Jean-Louis Missika,adjoint à la Maire de Paris et Frédéric  Hocquard, Conseiller en charge de la nuit

 

Sûr que la privatisation d’une Mairie d’arrondissement à titre gracieux est très discutable. Mais à la décharge du Maire, il faut  reconnaître que l’initiative part d’une bonne intention : faire vivre les nuits parisiennes, entretenir l’attractivité de la capitale et donc donner un coup de pouce  pour que l’autofinancement privé de l’événement aboutisse.

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Les invités  de la soirée de levée de fonds dans l’escalier d’honneur de la  Mairie du X°

 

À vouloir trop bien faire, l’Agence commet cependant une maladresse d’expression en résumant ainsi la soirée du 26 octobre sur son site : «Ce soir là, l’Agence a voulu dire Merci aux élus» et «a réuni deux cents de ses plus fidèles complices au sein de la Mairie du Xème arrondissement en présence de  Rémi Féraud, Maire du Xème arrondissement, Jean Louis Missika, adjoint à la Maire de Paris et de Frédéric Hocquard, conseiller de la ville de Paris en charge de la Nuit.»

Sûr que «complice», ce n’est pas malin. D’autant que beaucoup d’élus et même d’adjoints du X° ne sont pas de la fête.  Ni invités, ni consultés, ni prévenus.

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Le tweet sibyllin du Maire Remi Féraud évoquant des gondoles sur le Canal.

 

Mais bon, ça passe jusqu’à la lettre du 30 novembre de Deborah Pawlik et NKM  qui évoque «Une agence privée en lien étroit avec Rémi Féraud» et qui s’interroge pour savoir «dans quelles circonstances et sous quelles conditions, cette privatisation a été organisée et comment ont été sélectionnés les participants».

 

L’insinuation sur les liens éventuels personnels entre Rémi Feraud et l’Agence Wato pousse  le bouchon un peu trop loin. D’autant que l’événement a été initié à L’Hôtel de Ville et non à la Mairie du X° qui n’instruit à peu prés d’ailleurs jamais un dossier  de cette importance.

Mais bon, c’est de bonne guerre pour la jeune et bouillante leader de l’opposition. Et c’est tout autant de bonne guerre pour Rémi Féraud qui en politique expérimenté surréagit à ce qu’il qualifie de « lettre de dénonciation pleine de sous entendus de « copinage » ou de « collusion » ».

Tous les X° s’est procuré la  lettre de Deborah Pawlik et NKM (Voir plus haut) . Il  convient  donc  de souligner que les mots « copinage » ou « collusion »  ne sont jamais utilisés. Avec ou sans guillemets.

Mais peu importe. Les vraies questions sont d’un autre ordre.

Sur  ce dossier, une restriction à l’accès des informations a forcément suscité tous les questionnements qui deviennent légitimes. Si les élus du Conseil d’arrondissement  (majorité et opposition) avaient été mis au courant, il est probable que la polémique n’aurait pas eu lieu.

L’argument de  la confidentialité commerciale de l’agence Wato est recevable mais a des limites. Les élus sont des personnes responsables qui savent tenir leur  langue. Et accepter  une grande fête de lancement à la Mairie du X°, c’était tout de même déjà s’exposer à quelques fuites.  Et puis surtout  Rémi Feraud, le Maire du X°, espérait vraiment beaucoup de « Venise sous Paris ». Voici un extrait de sa lettre de soutien du 21 mai  2015 à l’Agence Wato : « Ce projet se déroulerait dans le X° à la hauteur du square Frederic Lemaître et permettrait aux touristes français et européens de profiter d’une manifestation culturelle originale dans  cet endroit méconnu du  grand public. Vous avancez par ailleurs l’idée très intéressante que dans le cadre de la coopération  entre les villes de Venise et de Paris, le Canal Saint Martin et le Grand Canal de Venise, pourraient être jumelés. » ( Consultable ICI). On comprend mal l’allusion à « cet endroit méconnu du grand public » mais peu importe.

 

Le plus grand étonnement dont nous avons fait état dès la révélation de « Venise sous Paris », c’est pour nous, Tous les X°, l’absence quasi-totale d’aucun autre accompagnement, gratuit , festif, formateur, convivial, du chômage du Canal pour tous les habitants du X° arrondissement, alors que la Mairie jouait la facilitatrice d’un événement privé. Il y avait  là un contraste qui ne pouvait que surprendre.

 

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La lettre de soutien de Rémi Féraud à l’Agence Wato

 

Pour parler franchement, nous  croyons qu’il y a eu, à l’Hôtel de Ville comme à la Mairie du X°, un manque d’anticipation proactive et une sous-estimation de la curiosité enthousiaste des riverains et des habitants du X° autour de l’événement chômage du Canal.

Et lorsqu’il nous est expliqué qu’il n’y a pas grand chose de prévu parce que « aucune association n’a proposé d’initiative », il s’agit à nos yeux d’un problème de méthode.

En lançant un Appel à projets le 29 octobre, « Tous les X° » a été en effet  frappé par un très fort élan d’initiatives privées dès lors qu’on les sollicitait. Sur la problématique des déchets, beaucoup de travaux eurent pu être menés avec les écoles. Sur la formation professionnelle, beaucoup d’échanges auraient pu être conduits avec les corps de métiers impliqués sur  le chantier. Sur l’ouverture aux professions du numérique, beaucoup de rencontres pouvaient être imaginées entre les jeunes de Collèges riverains du canal mais aussi trois Lycées et les start-ups très actives dans notre arrondissement.

Autre exemple : de nombreux restaurateurs nous ont dit leur accord pour fournir à prix coûtant un grand banquet républicain aux abords du Canal.

Enfin, pourquoi ni l’Hôtel de Ville, ni  la Mairie du X° n’ont ils pas explicitement fléché dès la mise en mouvement du projet « Venise sous Paris » une partie des 8% prélevés sur le chiffre d’affaires de Wato vers l’animation locale  du Canal pour le plus grand nombre ?

C’est si vrai que lors de notre rencontre il y a trois mois avec Foulques Jubert, le patron de Wato a parfaitement compris le risque d’impopularité ou d’incompréhension, et il nous a proposé très simplement de mettre à disposition le mercredi et le dimanche sa grande scène vénitienne de 2000 m2 avec la sono, la lumière et l’équipement.

Qu’il soit ici remercié.

Adieux perruques, jabots, champagne et techno teuf ?

Pour le chômage du canal  2016, c’est en effet un peu cuit. Mais nous ne désespérons pas de prendre de nouvelles initiatives dans les semaines qui viennent. Nous nous félicitons que la Mairie tente de mettre sur pied une joute aquatique lors de la remise en eau.

Et,  par ailleurs,  nous sommes maintenant à peu prés sûr que pour le prochain chômage du Canal dans dix ou quinze ans,  on sera tous fin prêts.

Guillaume Malaurie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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