Paris, ville terne, par Danika M. Jurisic | Le Club de Mediapart

Cet essai photographique sur l’évacuation du campement de Stalingrad le 2 mai 2016 a été réalisé par une artiste visuelle et une ex-refugiée qui vit à Paris où elle s’est portée volontaire pour soutenir les demandeurs d’asiles ces six derniers mois.

 

Samedi dernier, j’ai donné deux sacs de couchage à Ayla, à sa fille de 10 ans et aussi à son tout petit fils.  Ils viennent d’Érythrée et ont passé des nuits rudes derrière la Station de Stalingrad, un camp de réfugiés clandestin à Paris.

Un camp de réfugiés à Paris.  Impossible! La Cité des Lumières « ternie» par un tel « fléau », qui a été « évacué » chaque fois par une administration qui ignore le problème en choisissant de ne rien faire pour les réfugiés et en se contentant de les éloigner et de les disperser pour les rendre invisibles.

La troisième  évacuation du camp de Stalingrad a commencé ce matin à l’aube.  Cela a commencé à cinq heures du matin jusque dans l’après-midi.  Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai envoyé des textos et j’ai essayé de faire passer les informations.

Un autre volontaire qui appartient au Collectif Parisien en Soutien aux Exilés écrit:

« En ce moment, les personnes qui demandent l’asile à Paris et la région parisienne ne reçoivent aucun soutien de la part de l’Etat ni du gouvernement parisien et elles sont forcées de dormir dans les rues pendant des semaines voire des mois dans des conditions inhumaines. Les seuls à leur venir en aide sont des collectifs de volontaires. La politique du gouvernement parisien consiste essentiellement à attendre jusqu’ à ce que les personnes se regroupent en un camp de réfugié informel. C’est à ce moment-là que la ville collabore avec la préfecture (l’Etat) pour évacuer le camp et redistribuer les personnes dans des centres d’accueil partout en France. »

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