Quai de Valmy : la police et son préfet humiliés (Guillaume Malaurie)

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Ce  qui s’est passé en fin de matinée Quai de Valmy est d’une extrême gravité.

Alors que les syndicats policiers manifestaient à la République pour protester contre la « Haine anti-flics » , « « une quinzaine d’individus violents », selon une source policière, s’en sont pris à une voiture de police « coincée dans le flot de circulation » Quai de Valmy . Les vitres ont été cassées et les deux fonctionnaires qui se trouvaient à l’intérieur « sortis de force ». Un cocktail Molotov a ensuite été jeté par la lunette arrière du véhicule. Les deux policiers ont été « légèrement blessés », souffrant de contusions »

Auparavant quelques  300 contre-manifestants qui criaient « Flics, porcs, assassins » ou « tout le monde déteste la police » avaient été repoussés avec des gaz lacrymogènes de la place de la République ». Il est très probable que les incendiaires soient issus de cette contre manifestation.

Le Bilan est sombre :

    1. Une préfecture de Police et donc un Ministère de l’Intérieur qui ne tiennent plus vraiment leurs troupes puisque le rassemblement policier est critiqué  par le Préfet en ces termes : « Ce rassemblement « ne [pouvait], dans ces conditions, que susciter de vives tensions et des risques importants de troubles graves à l’ordre public ».
    2. Une Préfecture de police qui en dépit de l’état d’urgence n’a manifestement pas les moyens de maitriser quelques centaines de radicaux anti-police dont le rassemblement était pourtant interdit. Ce que confirme Leymarie, un des lecteurs du Blog Tous les X° :  » C’est du jamais vu et j’ai vu les « casseurs courir’, ce ne sont pas des jeunes sauvageons mais des adultes organisés pour l’attaque. La préfecture n’a pas su anticiper, l’hélicoptère n’est sorti qu’une fois les exactions commises. Décidément, notre pauvre République est en danger et mal défendue. »
    3. A bien regarder le communiqué de la Préfecture, dont l’action semble d’ailleurs de  plus en plus  verbale,  nous sommes  passés à côté d’un drame : « Le préfet de police a condamné « très fermement l’action violente dirigée à l’encontre » de ces deux policiers, ajoutant qu’ils « n’ont pu s’échapper que dans des conditions extrêmes face à une agression d’une grande brutalité ».
    4. Des policiers humiliés par l’agression  de deux de leurs collègues puis l’incendie  au fumigène ou au   cocktail Molotov d’une voiture de police  à deux pas d’où ils manifestaient.
    5.   Une radicalisation extrême des manifestants radicaux qui n’hésitent pas affronter les forces de police avec des techniques   de guérilla. Un premier casse la lunette arrière à cou=p de barre de fer, un second jette un engin incendiaire dans la foulée.
    6. Un exécutif aux abois qui donne depuis des semaines  le sentiment de flotter au milieu d’une  majorité parlementaire  virtuelle  et de mouvements sociaux incandescents.

 

L’affaire de la voiture torche du Quai de Valmy est-elle en mesure de déclencher de l’irréparable?

C’est le risque majeur.

Il est en effet  probable que les forces de police auront tendance dans les heures qui suivent à n’écouter que  d’une oreille  de plus en plus  distraite les conseils de modération.

Avec les risques d’enchainement bien connus et de montées de violence aux extrêmes.

En tous cas, il semblerait  que  ça n’aille pas encore tout à fait vraiment mieux.

Guillaume Malaurie