4 décembre : L’Église Saint Joseph consacrée 150 ans après son ouverture

La paroisse St Joseph l’Artisan nous informe de la consécration de l’Église de la Rue La Fayette le 4 décembre prochain. Nous relayons ce moment fort pour la communauté catholique du X°.

Précision : « Tous les X° « n’a pas ni préférence ni exclusion confessionnelle. Toutes les autres associations cultuelles, sociales ou culturelles sont bienvenues à la table de notre Blog.

 

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Par le Père Jocelyn PETITFILS :

« D’habitude, les églises sont consacrées ou dédicacées juste après leur construction. Pour l’église saint Joseph artisan, elle ne fut seulement bénite pour une raison bien simple : malgré sa taille imposante (400 places assises, 45 mètres de longueur, plus de 20 mètres de hauteur) elle n’avait que la fonction d’une chapelle pour un peuple particulier : les personnes de langues allemandes.

En effet, elle fut construite pour que les 150 000 ressortissants allemands de la capitale (une des plus grosses nations immigrantes de l’époque à Paris – déjà la présence de migrants), puissent avoir accès au culte dans leur langue d’origine. C’est le curé de la paroisse Saint Laurent qui assura la bénédiction de l’édifice le 22 avril 1866 parce qu’elle dépendait de son territoire.

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C’était il y a 150 ans tout juste ! Saint Joseph, époux de la Vierge Marie, fut choisi comme saint patron car le quartier, à l’époque, était rempli d’ouvriers et d’artisans qui ont aidé pour beaucoup à la construction des gares du Nord et de l’Est.

Presque 100 ans plus tard, en 1958, l’archevêque de Paris de l’époque décida de changer le statut de la chapelle en église paroissiale puisque le quartier était devenu très peuplé et que les Allemands avaient choisi une autre église entre-temps. Mais à cette époque, l’évêque ne vint pas consacrer l’église. Cela fait donc presque 60 ans que l’église attend sa consécration .

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La dédicace d’une église n’a rien à voir avec la dédicace d’un écrivain sur un de ses livres. L’architecte de l’église, M. Douillard, constructeur d’une autre église de Paris, St André de l’Europe (IXème arrt) et qui faillit être l’architecte choisi pour le Sacré-Coeur de Montmartre, est déjà mort depuis bien longtemps d’ailleurs !

Il s’agit d’une liturgie particulière où l’évêque vient en personne consacrer l’édifice à Dieu. Pour être plus précis, ce rite constitue la plus belle des actions liturgiques. En effet, tous les thèmes bibliques de la rencontre de Dieu et de sa demeure parmi les hommes y sont évoqués. A travers cette célébration, nous assistons en quelque sorte à la célébration des noces du Christ et de son Eglise (cf la lettre de saint Paul aux Ephésiens 5,26-27).

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Les croix de la consécration : pour une consécration d’ Église , il doit y avoir  soit 4 soit 12 croix peintes sou sculptées sur les colonnes de l’Église. Douze viennent  d’être achevées  par un artiste.

 

De plus, tous les gestes expriment comme la naissance à la vie du bâtiment qui symbolise l’unité des baptisés. Il y aura un surgissement de la lumière dans tout l’édifice. Liturgiquement, la dédicace est à l’édifice ce que les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation et première communion) sont à la personne.

Au départ, l’évêque asperge d’eau bénite ses murs comme pour signifier son baptême, puis il fait l’onction avec le saint chrême des colonnes comme pour signifier sa confirmation et enfin il célèbre sur l’autel l’Eucharistie dans ce lieu comme pour la première fois. Sur chacune des 12 premières colonnes de l’église, symbolisant les 12 apôtres sur lesquels repose l’Eglise, une croix nouvellement peinte est mise en lumière.

Qu’est-ce que cela change par rapport à sa situation d’église bénite ? L’évêque, successeur des apôtres qui ont reçu leur pouvoir du Christ, vient en personne comme le représentant du Christ envoyer cette église en mission pour porter la   la parole d’espérance qu’est l’Evangile aux habitants du quartier

 

Ce sont les Jésuites qui ont été à l’initiative de cette folle aventure. En effet, ils n’avaient pas le sou lorsqu’ils ont commencé à s’implanter dans le quartier très modeste de la capitale. L’Empereur d’Autriche François-Joseph finança une partie des travaux et fit don des trois grands vitraux du chœur représentant ses saints patrons et celui de son épouse, la fameuse impératrice Sissi. Deux écoles en langues allemandes sont créées à proximité par les prêtres.

Des œuvres remarquables ornent aussi l’édifice : en particulier les toiles marouflées du Père jésuite Claude Vasseur et les vitraux du Père dominicain Kim En Joong.

Durant ces 150 ans, des personnages illustres ont vécu des étapes importantes de leur vie : saint André Bauer, un des 13 martyrs français de Chine, assassiné en 1900 ; un éducateur hors pair dans la lignée de Don Bosco que fut le vénérable Frère Alpert ; un défenseur de la communion entre les Allemands et les Français que fut l’abbé Franz Stock dont le procès de canonisation est en cours.

 

 

Quand on pénètre par l’accès de la rue La Fayette, grosse artère de Paris, on est tout de suite surpris par le côté « petit village » qui réside dans la cour du parvis de l’église. Loin de la circulation, on est préparé à pénétrer dans le silence de l’édifice. Cet environnement paisible permet à la communauté paroissiale (animée par des prêtres de la communauté de l’Emmanuel) de vivre une belle fraternité et un attrait pour les activités de compassion.

 

Quelques activités sont à remarquer :

  • Les petits déjeuners du dimanche aux personnes de la rue

Devant l’affluence croissante de personnes de la rue, la paroisse a lancé les petits déjeuners du dimanche. De novembre à avril, une vingtaine de paroissiens vont à la rencontre de ces personnes pour leur servir des petits déjeuners chaud et échangé quelques mots.

  • Les déjeuners fraternels du dimanche

Chaque messe du dimanche est suivie par un déjeuner fraternel où chacun est invité à partager ses meilleures recettes soit dans la cour par beau temps, soit dans une salle de la paroisse. Débuté en septembre dernier, autour des prêtres, il rassemble entre une cinquantaine et une trentaine de paroissiens. C’est un service qui n’a jamais été interrompu, même pendant les mois de juillet et d’août, preuve qu’à Paris, le besoin de se retrouver et de rompre avec l’individualisme est essentiel. »

  • Les soirées Saint Joseph

Un jeudi par mois, une soirée miséricorde avec l’adoration du Saint-Sacrement rassemble une soixantaine de personnes. Le but est de présenter ses intentions, matérielles ou non, à la prière de saint Joseph pour qu’il les présente à son fils adoptif et les exauce. Plusieurs démarches sont proposées comme le sacrement de la confession, un groupe de prière des frères et un groupe d’écoute. Des témoignages ponctuent les méditations.

 

            Deux entités extérieures à la paroisse y résident aussi comme l’association Le Rocher, oasis des cités, travaillant pour les foyers en difficulté dans le quartier, et les Sœurs servantes des pauvres, bénédictines apostoliques, qui assurent en particulier des soins à domicile pour les personnes âgées et un dispensaire médical. »


Père Jocelyn PETITFILS, Paroisse Saint Joseph Artisan, Paris 10e
http://saintjosephartisan.fr

Le cantique des cantiques le 4  décembre. Entrée Libre

 

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