Législatives X° & III° : Benjamin Griveaux tue le match (Guillaume Malaurie)

 

La cinquième circonscription de Paris qui réunit le 10ième  et le 3ième arrondissements a suivi le mouvement national et parisien.

C’est le syndrome « Pokemon Macron » : l’onction  « En Marche » aura  suffi à  Benjamin Griveaux,  parfait inconnu dans les deux arrondissements , pour  virer très largement en tête au premier tour avec 43,63% des voix en avalant tous les  électorats disponibles.

Benjamin Griveaux, 39 ans; ex Ps de Saône-et-Loire, ex du  cabinet de Marisol Touraine et jusqu’à peu haut responsable au sein de l’immobilier commercial Unibail-Rodamco ne peut donc plus, sauf giga surprise,  être rattrapé dans son sprint vers la députation .

Bien joué pour celui qui fut le  porte-parole d' »En Marche » pendant l’ascension d’ Emmanuel Macron et dont il est un très proche.

Griveaux fait un peu moins bien que le score de Emmanuel Macron au premier tour des présidentielles(45,3%) dans arrondissement du X mais  exactement le même résultat  en %   que la député sortante Seybah Dagoma ( 43,6%) aux législatives de 2012.

Presque un place pour place !

Seybah Dagoma, Ps et détentrice du titre,    a en effet perdu plus de trente points par rapport à 2012 mais avec 12,47%, la député  sortante sauve l’honneur et assure une présence au second tour.

Reste à savoir si les électeurs de Julien Bayou  (EELV) qui manque d’une petite marche (49 voix)  la qualification (12,36%)  pour le second tour et ceux de  Layla  Yakoub ( France Insoumise)  (11,87%) viendront lui donner un  gros coup de pouce   dans la lutte finale contre  Benjamin Griveaux.

Pas évident : hier soir sur FR3, Julien Bayou qui améliore de prés de quatre points le score d’EELV  mettait déjà une flopée de conditions qui n’avaient d’ailleurs pas  grand chose à voir avec l’écologie, pour accorder ou non son soutien. Rappelons que Julien Bayou, porte-parole d’EELV fut dans les épiques bagarres internes aux  écolos le soutien d’Eva Joly contre Nicolas Hulot  aux présidentielles précédentes.

Dans cette ambiance de Guerre des Gauches, rose, rouge, verte, il serait étonnant que  la candidate France Insoumise, Layla Yakoub,   qui est un peu en dessous (11,87%)  du score de la liste Front de gauche en 2012 (13,01%) et plus nettement en dessous  encore du score de Mélenchon( 16,65%) se rallie avec enthousiasme à la socialiste Seybah Dagoma.

Les divisions lourdes laissent donc peu de chances à Seybah Dagoma et laissent prévoir quelques sérieux remous à  l’intérieur de la Majorité municipale toujours détenue par le PS et ses alliés EELV et communiste .

Le temps des arrangements d’appareil  plan plan et hors sol est certainement  derrière nous.

En tous cas,  il serait plutôt   étonnant que la  succession programmée du Maire Rémi Féraud qui doit partir  vers le Sénat en septembre se fasse  dans la joie et la bonne humeur autour d’une bouteille de Champagne.

Dernier point : le score très médiocre enregistré par Deborah Pawlik de LR. Avec moins de 8%, Deborah Pawlik est en dessous des résultats de François Fillon ( 21,61%)  mais aussi du candidat UMP  aux législatives de 2012 (21,30%). ( Voir les Municipales)

Deborah Pawlik, proche de NKM,  est  à la fois victime des stratégies erratiques de la vieille Droite parisienne totalement déconnectée du XXIème siècle et du   cyclone « En Marche »  qui frappe sans distinction à droite et à gauche.

L’ancien PS Benjamin Griveaux  a en effet  siphonné 50% de l’électorat du PS  de la 5ième circonscription et  un pourcentage encore plus élevé … de  la Droite  locale qui se retrouve à pointer en cinquième position quand elle était toujours à la seconde place du podium à toutes les élections.

Il serait cependant bien imprudent de conclure de ces résultats ce qu’il adviendra aux municipales parisiennes dans deux ans.

Le cycle du  chamboule tout n’a  certainement  pas  fini de produire tous ses effets.

 

Guillaume Malaurie

 

Voir le Post précédent les élections du 1er tour