PARIS : LA CHASSE AUX TOURISTES, C’EST NON STOP

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Les dernières dépêches relatant l’histoire des dizaines de  touristes chinois dévalisés devant leur hôtel à Fresnes ne  peuvent  surprendre personne. En tous cas, pas les parisiens.

Pour passer régulièrement en vélo par la Cour Carrée du Louvre, l’Arc du Carrousel, un bout des Tuileries puis le Pont Royal, je suis sidéré par des scènes quotidiennes dignes des plus rudes western.

Pour résumer, les très nombreux touristes qui passent du Louvre au Musée d’Orsay sont tels des antilopes dans la savane. Des proies.

Sur le Pont Royal, sous le Carrousel, sur le parvis des Tuileries, des groupes très organisés s’approchent dés 10h du matin, hiver comme été, des sujets  les plus isolés.

Ils les entourent sous prétexte de leur faire lire des pétitions  ou de leur demander un conseil et leur dérobent leurs portefeuilles ou l’argent liquide qu’ils portent sur eux.

Il  n’est pas rare d’entendre les hurlements des malheureux ou des malheureuses qui essaient en vain de se dégager du groupe de quatre ou cinq  individus qui les entourent.

Autre système de dépouille  : la balade en vélotaxis pousse pousse.

A la fin de la course, le tarif vaguement annoncé a doublé. Discussion véhémente.

Pressions.

D’autant plus efficaces que le conducteur s’est arrêté à l’écart et  a prévenu  d’autres vélotaxis  qui le rejoignent pour assurer  le rapport de force.

Les  touristes sont  laissés  sans défense à la voracité de petits  fauves très arrogants qui semblent sûrs de leur impunité.

Pour nous parisiens, c’est un sentiment de honte tant l’autisme  des autorités  est intégral et rend   dérisoire les coups de cymbale sur le Paris Olympique.

Je précise qu’en deux ans de va et vient dans cet hyper centre parisien,  je n’ai jamais vu le moindre képi. Jamais.

Et les soldats  de Vigipirate qui patrouillent affichent quant à eux une indifférence absolue à  cette délinquance « couleur locale » .

Lorsqu’un incident survient, je n’ai par ailleurs  jamais  aperçu  un policier en civil intervenir.

Et si il y a des caméras de surveillance,  soit elles sont en panne, soit elle sont braquées sur les pigeons,  soit il n’y a personne devant l’écran de contrôle, soit, c’est le plus probable,  tout le monde s’en tape tant qu’un djihadiste n’apparait pas face caméra.

Après tout, la philosophie qui préside au  tourisme municipal parisien, c’est manifestement moins l’accueil que la rente. D’abord la rente. Et les quelques initiatives pour sécuriser les visiteurs sont ponctuelles (été 2015), matière à grands discours à Pékin pour ne pas rater les JO…

Pourquoi ne pas mobiliser en permanence quelques uns des   73 000  fonctionnaires de la ville de Paris   pour aller physiquement  à la rencontre  des touristes, asiatiques, européens, ou français, pour leur suggérer des itinéraires, pour savoir ce qui va ou pas, pour faire remonter les alertes, pour ressusciter un encadrement naturel  dévasté  par la gentrification  de l’hyper centre parisien et la raréfaction des résidents permanents remplacés par les intérimaires des Airbnb ?

La triste vérité est là : il y a de moins en moins de parisiens dans le centre de Paris, de moins en moins de commerçants de bouche et de proximité, de moins en moins de voisinage, de moins en moins d’yeux pour regarder et témoigner des rackets  qui se multiplient.

L’hypercentre parisien est devenu une société anonyme. Probable que l’interdiction de la voiture dans ce périmètre  accélérera encore  sa déshydratation,  sa réduction à une zone morte des pas perdus, à un  Paris virtuel  dont on  sera bientôt en droit de se demander si mieux ne vaut pas le visiter  dans un épisode d’Assassin’s Creed .

 

Il vaudrait donc  mieux tenir un langage de vérité  aux tours opérateurs : l’ embauche  des  gardes du corps privés encadrant les groupes de touristes.

D’autant que lorsqu’un parisien est présent et qu’il fait preuve de civisme  en prévenant  un  touriste qu’il ne doit surtout pas  se laisser approcher, c’est lui-même qui met son intégrité physique en jeu.

Ces observations  crèvent les yeux  dés lors qu’on traverse la Seine autrement qu’en voiture.  A pied ou en vélo.

Mais faudrait  pas trop compter  sur  l’adjoint en responsabilité sur le tourisme, un certain Jean François Martins, dont les lecteurs de ce Blog ont déjà une idée assez précise des insondables  compétences sur le dossier sportif.

Quant à la Préfecture, ça ne semble pas son problème N° 1.

Sauf lorsque Emmanuel Macron vient faire son  discours d’intronisation devant la pyramide. La sécurisation des lieux était, je peux en témoigner,  impeccable.

 Guillaume Malaurie