Le Prix Femina attribué à Philippe Jaenada

… Et alors, nous direz-vous, nous n’avons pas attendu Tous les Xe pour en être informés (avec retard) !

Hé bien Philippe Jaenada est un habitant du haut 10e, ainsi que le prouve cette illustration de Loïc Faujour, le dessinateur de presse, affiché au Cristal Bar, non loin de la station Louis Blanc. Oui oui, cet arrondissement riche de talents (la preuve) et semblant quelque peu délaissé par ses édiles.

Le prix Femina chanté par Philippe Jaenada

Avec le « roman » La Serpe, léger pavé de 600 et quelques pages, Philippe Jaenada explore l’histoire d’Henri Girard, soupçonné d’un triple meurtre atroce au Château familial en 1941. La conclusion semble évidente, vu que ledit Henri est le seul survivant sur quatre personnes, du château fermé à clé pendant la nuit. Il est pourtant acquitté après 2 ans de procès… blanchi par le jury certes, mais toujours tenu pour coupable dans les esprits.

Libéré donc, Henri Girard roule sa bosse tant bien que mal en Amérique du sud, avant de revenir en France pour se métamorphoser en Georges Arnaud, redresseur de torts et écrivain, notamment du Salaire de la peur, adapté au cinéma par Henri-Georges Clouzot et d’autres.

Cet itinéraire tragique et sinueux est reconstitué par Philippe, le premier à avoir eu accès aux minutes du procès et à toutes archives ayant trait à son héros paradoxalement coupable et innocent en même temps ; celui qui, aussi, s’est rendu sur place afin de voir le château d’Escoire de visu, ainsi que ses environs.

Cet quête quasi-obsessionnelle, associée à son style inimitable (oui c’est facile à dire, mais c’est vrai), lui a donc valu le Prix Femina 2017.

Pour sa biographie et le reste de son oeuvre, je vous laisse consulter internet et sa richesse. Je vous livre cependant son interprétation mémorable  du « Et si tu n’existais pas » de Joe Dassin, en duo avec son épouse Anne-Catherine, sous l’implacable caméra de Rodolphe Auguste-Dormeuil le président de Bonoboville, autre personnage haut en couleurs de notre cher arrondissement !

Nathalie Fiks